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Le blog de Sylvie Sagnes

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"jodi taylor"

« Cet homme est un vrai fléau mais nous ne pourrons jamais le tuer car son futur est notre passé. »

Hier ou jamais (Les Chroniques de St Mary Livre 5) de Jodi Taylor
Éditions Hervé Chopin (HC éditions) 2020, 332 p.
Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

« Croyez-le ou non, il y avait des règles. Tout le monde a besoin de règles. Après tout, comment peut-on enfreindre ce qui n’existe pas ? Les règles donnent un objectif à l’anarchie. »

Cinquième Livre des Chroniques de St Mary, qui vont en comporter dix au total, nous voici pile à la moitié. Si j’accusais un petit coup de moins bien au livre précédent c’est passé et bien passé, j’ai retrouvé un plaisir intact à suivre Max et ses troupes lors du grand incendie de Londres, à Florence pour rencontrer Botticelli, à Sparte pour croiser Léonidas ou même à St Mary de nos jours pour une journée porte ouverte aussi farfelue que le reste. C’est toujours drôle, vif et léger, ça ne se prend pas un instant au sérieux tout en nous donnant systématiquement envie d’approfondir un peu les événements historiques évoqués. Je me perds toujours un peu dans les paradoxes liés aux voyages dans le temps, mais c’est totalement accessoire de toute façon (pour moi en tous les cas). Une série aussi distrayante, on ne la manque surtout pas.

Les épisodes précédents sont là

 

« J’ai de mauvaises nouvelles, de très mauvaises nouvelles et des nouvelles catastrophiques. »

Une trace dans le temps de Jodi Taylor
(Les Chroniques de St Mary Livre 4)
HC éditions (éditions Hervé Chopin) 341 pages
Traduit de l’anglais par Cindy Collin Kapen

« Nous étions fatigués, sur les nerfs et blessés, autant dire que les conditions étaient idéales pour essayer d’avoir une discussion posée pendant laquelle les deux participants pourraient exprimer calmement leur point de vue dans une atmosphère de tolérance et de respect mutuel. »

Il est entendu que l’on n’entame pas une série par le tome 4, n’est-ce-pas ? La notion de spoiler n’existe par conséquent pas et tout le monde sait, en débutant ce quatrième livre que Max est morte et déplacée en même temps dans un univers parallèle par la Muse de l’Histoire, qui lui assigne par la même occasion une mission. Laquelle ? Ce serait trop facile si elle le savait par avance, aussi est-elle supposée dans un premier temps se remettre de sa « mort » et profiter du fait que dans cet univers, Léon est toujours vivant. Mais évidemment, rien ne va se dérouler normalement et tout le monde va boire des litres de thé… Je ne sais pas si c’est moi qui me lasse ou l’autrice qui a un passage à vide mais ce quatrième tome n’a pas rempli son office, je l’ai trouvé poussif, répétitif et pas tellement drôle (quelques sourires quand même, il ne faut pas exagérer). Et je ne dis même pas ça en raison d’une phrase étrange sur Dickens, qui tombe totalement à plat (je veux bien qu’on se moque si c’est drôle, mais si c’est juste bizarre, autant se relire, Miss Taylor) : « Je n’ai jamais aimé Dickens. J’ai ri comme une folle quand la petite Nell est morte. » Mouais… Non, c’est simplement que ça ne tient pas très bien debout, cette histoire de police du temps, avec une trop longue scène de bataille et pas grand chose d’intéressant à côté, rien qu’on ne nous ait déjà dit et redit en tout cas.
Je vais attendre gentiment le livre 5 et voir si ça passe mieux, il arrive parfois qu’un épisode nous touche moins sans que cela ne nuise à l’ensemble de la série.
Je croise les doigts…

Le meilleur du premier semestre 2019

Les dix meilleurs romans des six derniers mois (dans ceux que j’ai lus)

  1. Les Innocents & les Autres de Dana Spiotta (Emmanuelle et Philippe Aronson) (D’une intelligence folle et d’un charme total !)
  2. L’encre vive de Fiona McGregor (Isabelle Maillet) (Subtil, intelligent et très puissant.)
  3. Terminus de Tom Sweterlitsch (Michel Pagel) (Un voyage dans le temps irrésistible)
  4. Au nom du bien de Jake Hinkson (Sophie Aslanides) (Un prêche magistral dans l’Amérique profonde)
  5. Comme il pleut sur la ville de Karl Ove Knausgaard (Marie-Pierre Fiquet) (un cinquième volume à la hauteur des deux premiers, on peut zapper sans remords les 3 et 4)
  6. I am, I am, I am de Maggie O’Farrell (Sarah Tardy) (Maggie et la mort, Absolument Incontournable.)
  7. Orange amère d’Ann Patchett (Hélène Frappat) (Une excellente histoire par une grande conteuse)
  8. Les chroniques de St Mary de Jodi Taylor (Cindy Colin Kapen) (trois tomes parus en français à ce jour (il y en a dix au total) (actuellement, je ne sais pas si c’est une série terminée ou pas ?…) (du voyage dans le temps à la croisée des genres) (le principal : c’est très drôle)
  9. La Colombienne de Wojciech Chmielarz (Erik Veaux) (le charme du Kub et du polar polonais)
  10. Il était une fois Morris Jones de Ran Walker (Philippe Loubat-Delranc)  (le delta du Mississippi et le blues merveilleusement bien rendus)

Aucun roman français, c’est une première !…

Grande douleur de ce semestre : la mort de ma maman.


 

En Jeunesse, mes préférés sont :

  1. La recette, les crêpes de Dedieu (Seuil Jeunesse) (Tout bébé qui se respecte DOIT avoir au moins un livre de cette exceptionnelle collection.)
  2. La lanterne de Tontonde Wang Yage et Zhu Chengliang (HongFei) (Dépaysant et très intéressant)
  3. Frida Nidoiseau de Tina Schilp et Silvan Borer, Trad. Corinne Verdan-Moser (Helvetiq) (une pure fantaisie orangée) (et puis ça parle de cheveux, sujet qui m’a toujours passionnée^^)
  4. Les étonnantes aventures du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy (Actes Sud Junior) (Une année au Japon quand on a dix ans)
  5. Les saisons dans l’art d’Elsa Whyte (De La Martinière Jeunesse) (on en ressort un tout petit peu plus cultivé)
  6. Un été d’enfer ! de Véra Brosgol Trad. Alice Delarbre (Rue de Sèvres) (la colo américaine d’une petite russe)
  7. Trois histoires vraiment bien de Julien Baer et Magali Le Huche (Les Fourmis Rouges)(décalé, drôle, intelligent, absurde, génial)
  8. La tarte aux cornichons sauvages d’Antonin Louchard (Seuil Jeunesse) mon lapin grognon préféré)
  9. Baltique à pied d’île en îlede Nicolas Jolivot(HongFei) (un carnet de voyage aussi bon que le premier)
  10. La Nuit parfois je rêve de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Clémence Pollet (De La Martinière Jeunesse) (tout ce qui nous traverse l’esprit au moment de l’endormissement)

 

Et vous ?

« CPFG ? Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Commotion Par Fromage Géant. »

Une seconde chance (Les chroniques de St Mary, Livre 3) de Jodi Taylor
HC éditions, 2019, 346 pages
Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

On attend le livre 4 maintenant, c’est pour octobre !
C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce troisième volume des aventures de Maxwell, étant établi que vous ne pouvez pas commencer par n’importe quel tome. C’est une série, une vraie, et à ce titre il faut commencer par le livre premier et avancer dans l’ordre. Ce faisant, vous constaterez que, comme dans toute bonne série, votre intérêt ne fait que croître au fur et à mesure des épisodes, que tout se recoupe, tout est lié et que, ô surprise, connaître les personnages depuis le début éclaire leurs rapports d’un jour nouveau. Enfin, ceci serait tout à fait vrai si le fait qu’ils ne cessent de voyager dans le temps ne les amenaient à se rencontrer les uns et les autres à différents moments de leurs histoires (un peu comme River Song et le Docteur, voyez ?) (docteur qui ?), ce qui est à la fois terriblement excitant et particulièrement emmêlant. Jodi Taylor nous en avertit d’ailleurs elle-même dès sa présentation des personnages (Dramatis Bidulae, comme elle dit) :
« En provenance du futur : Chef Leon Farrell (oui, lui-même.)
En provenance du passé :Chef Leon Farrell (Ça se complique. Tenez bon.) »
Elle nous offre également un excellent résumé du fond de la série entière :

« Nous travaillons pour l’institut de recherche historique St Mary, qui est lui-même vaguement rattaché à la vénérable université Thirsk. Nous sommes aussi misérables et délabrés que l’édifice qui nous héberge. Nous avons deux missions principales : consigner et documenter les évènements historiques majeurs depuis l’époque contemporaine (oui, bon, appelez ça voyager dans le temps si vous voulez) et ne pas mourir. Si nous sommes plutôt doués pour la première, nous avons encore des progrès à faire en ce qui concerne la seconde. »

Ce qui est, cette fois, rigoureusement exact, et qui va entraîner un basculement vers la notion de mondes parallèles pour la suite, on s’en lèche les babines par avance (ça se sent que ça va être long jusqu’en octobre ?).
En attendant on aura vécu quelques temps à Troie (avant et pendant la guerre), baguenaudé dans quelques époques et lieux divers, sans oublier une cohésion d’équipe mémorable à Gloucester. Et c’était drôlement bien (drôle, prenant, léger et grave à la fois) !

« Il y a noir et noir. En l’occurrence, il s’agissait du second. »

D’Écho en Échos (Les Chroniques de St Mary Livre 2) de Jodi Taylor
HC éditions 2018, 333 pages
Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

« J’avais de la peine pour eux… Ce n’était pas comme s’ils étaient beaux ou intelligents, et les opinions étaient très variées quant au goût de leur viande. La seule recette que j’avais trouvée n’avait guère été d’une grande aide.
Tout d’abord, attrapez votre dodo. Faites-le ensuite mariner dans du jus de citron, ou autre liquide fortement acide, aussi longtemps que possible. Idéalement, toute une nuit. Fourrez-le de miettes de pain, d’oignons grossièrement hachés, de sauge, de romarin et de thym. Assaisonnez généreusement, déposez-le sur une grosse planche ou quelque chose de similaire, et faites cuire à foyer ouvert ou au barbecue jusqu’à ce que le jus soit clair. Séparez soigneusement la viande claire de la viande foncée. Jetez l’ensemble et mangez la planche. »

Livre deux, donc, où l’on retrouve notre Maxwell qui n’arrête pas une seconde. Jack l’éventreur (une théorie intéressante à son sujet d’ailleurs (intéressante dans le sens totalement énorme)), Marie Stuart ou les jardins de Ninive (entre autres), rien ne lui fait peur, et certainement pas les paradoxes temporels (pourquoi ai-je sans cesse envie d’écrire « temporaux » ?), au sujet desquels son cerveau mouline tout à fait correctement. Il y a des ennemis qu’on ne peut pas éliminer n’est-ce pas, parce que notre passé est leur futur, ou vice-versa, la dame s’y entend pour nous embrouiller. De l’action, des blessures, la Muse de l’Histoire qui favorise ou pas, des litres de thé toujours et un humour qui fait mouche avec moi. Je m’amuse vraiment bien avec Jodi Taylor et j’ai hâte de me plonger dans le livre suivant ! Tout comme Sophie, Bianca ou Chacha, par exemple.

« Je suis restée assise, abasourdie et épuisée, heureuse, folle de joie. Et légèrement exaspérée. »

Un Monde après l’Autre de Jodi Taylor
(Les Chroniques de St Mary – Livre I)
HC éditions 2018, 351 pages
Traduit de l’anglais par Cindy Colin Kapen

« Tu veux que je conduise un peu ?
– Non. Je préfère la vie.
– Ce n’est pas très gentil, Chef.
– Mademoiselle Maxwell, j’ai le plus grand respect pour tes nombreuses compétences. Tu es une historienne talentueuse et passionnée, une artiste douée et une amie fidèle et loyale. Tu es chaleureuse, compatissante, intelligente, drôle et terriblement sexy. Mais tu es aussi la pire conductrice que le monde ait jamais connue. Dieu seul sait comment tu as réussi à avoir ton permis. Je suppose que ton examinateur était tellement ébloui par ta beauté qu’il a coché la case « favorable » avant même que tu ne mettes la clef dans le contact.
Mon coeur battait à tout rompre. J’ai laissé quelques secondes passer avant de pouvoir répondre.
– Merci.
Il a hoché la tête, les yeux toujours sur la route.
– Et si tu arrêtes la voiture, je te taille la meilleure pipe de ta vie.
Nous avons percuté un arbre. »

Si la lecture de cet extrait vous déplaît, ne tentez surtout pas la lecture de ce premier tome des Chroniques de St Mary. Dans le cas contraire, vous allez entrer dans une longue série (neuf tomes à ce jour) qui promet bien du plaisir.
Jodi Taylor est d’abord et avant tout drôle. On s’amuse énormément dans son univers qui tient à la fois de Harry Potter et d’Indiana Jones. Écrit en 2013 (ou tout au moins édité à cette date), ce premier volume des aventures de Max a d’abord paru en auto-publication numérique avant de trouver sa maison d’édition en raison de son immédiat succès. Il sacrifie à la tendance de ces années-là, romance avec scène de sexe explicite, heureusement très anecdotique par rapport à l’ensemble. Car on y suit Madeleine Maxwell, historienne voyageuse temporelle au caractère bien trempé et au destin mystérieux. D’abord dans ses années de formation au sein de l’institut St Mary, puis dans ses premiers voyages. Ça file à toute allure et ça boit du thé en toutes circonstances, réussissant à évoquer de multiples références sans qu’on y voie copie ou outrage. Il y a deux trois petites choses qui grippent un petit peu mais ça pétille tellement qu’on laisse couler. Par exemple, pourquoi donc le « Chef » appelle-t-il Madeleine : Lucy ? Je me suis demandée si j’avais raté quelque chose (ce qui est toujours possible) puis j’ai pensé soit à un gros manque de relecture soit à quelque chose qui trouvera sa réponse dans un tome suivant mais bon, étant donné l’usage intensif (et réussi) de la prolepse sous toutes ses formes, j’en doute. Je suis extrêmement curieuse de la suite de tout ceci (trois tomes traduits en français à ce jour), car pour le moment le côté SF/Voyage dans le temps sert juste de base à un chouette roman d’Aventure, mais ça peut évidemment évoluer. Nous verrons !

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