Les petites victoires de Pierre Notte
Gallimard 2020

« Clémence rêverait de fumer une cigarette, comme tout le monde ici ou à peu près, mais elle doit faire l’effort de se souvenir qu’elle ne fume plus. »

Clémence approche des 80 ans et aujourd’hui, elle s’octroie une journée spéciale. Elle compte refumer, boire des Spritz en terrasse dès le matin, raconter sa vie, aussi. Elle a un interlocuteur, un petit monsieur autour des soixante ans, tel qu’il est décrit on voit un genre de Georges Brassens, un physique peu remarquable mais sans drame non plus, quant à ce qu’il a dans la tête c’est plus opaque, forcément, on va se demander pas mal. Clémence se raconte et les années défilent dans son récit, semant des petits repères pour nous aussi, la deuxième élection de Miterrand, le11 septembre, des évènements à la fois très concrets et lointains qui nous ont tous concernés. À un moment on voit le lien, on comprend, on observe alors différemment, mais de toute façon on était déjà tous les sens à l’affût, il y a quelque chose dans ce roman, dans la manière dont Clémence communique avec les animaux, une sensation d’inéluctabilité, la vie c’est comme ça, voilà, au bout du compte ce qui vaut le coup c’est quoi ? Pas de réponse chez Pierre Notte mais beaucoup de regards, de points de vue, de douceur. Et c’est bien.