« – Des problèmes de Blancs, tu vois un peu ?
– Non.
– Gérer le stress, respirer pour vivre, dormir pour pas être fatigué et fionton fionton(2).
(2) Ce genre de conneries. »

Noire précieuse d’Asya Djoulaït
Gallimard, Continents Noirs, 2020, 161 pages

En racontant l’histoire de Céleste et de sa mère Oumou, Asia Djoulaït signe un roman, son premier, qui éclate comme une évidence. Entre Paris et Abidjan, entre Henri-IV et le coupé-décalé, entre Sciences-Po et Cocody, deux univers se répondent et s’entraînent l’un et l’autre en un ping-pong remuant, coloré et pétillant, parce que doté des deux qualités qui font absolument tout passer : l’amour et l’intelligence. Chacune à sa manière, ces deux femmes en ont à revendre et malgré un parcours jamais simple continuent d’avancer, ensemble. On se régale avec la truculence du langage, qui permet d’évoquer avec subtilité des sujets franchement compliqués. Une pépite emplie d’une saine énergie !

« – Mais c’est du vol !
– Orrrrh ! toi aussi là. Voler un blanc c’est pas voler hein, c’est dette coloniale ! »