Oh happy day d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat
Fleuve édition 2020, 323 pages

En 2015, nous avions rencontré Adeline et Pierre-Marie dans un roman épistolaire des plus réussis. Cinq ans plus tard, ils reprennent timidement le clavier car la vie les a éloignés. Est-ce qu’on replonge avec eux ? Oui et non. Oui parce que les auteurs ont du métier et, comme dans le premier tome, savent élargir le propos et nous proposent pas mal de péripéties, souvent amusantes. Et en même temps non pour plusieurs raisons pas toujours justes mais la justice, vous savez… Le moment, déjà, est délicat. Vraiment difficile en ce moment d’accorder toute son attention à du divertissement, même si en réalité rien ne nous serait plus bénéfique. Ensuite on n’est plus dans de l’épistolaire pur et dur, une forme de narration s’intercale entre deux mails et à titre personnel, je le regrette. Enfin, et ce n’est pas un détail pour moi, il est dit et répété à de (trop) nombreuses reprises qu’Adeline est grosse, dans des moments où rien ne le justifie. Par exemple : « Il prit une profonde inspiration, se leva, contourna la table, vint enlacer le grand et gros corps d’Adeline, puis ce fut l’heure du check-in et ils traversèrent sans rien dire le hall du terminal 2D. » Pour Pierre-Marie aussi on répète beaucoup, il pèse 106 kg, il est massif, bla bla, mais jamais on ne dit de lui qu’il est gros. Quant à le lire indépendamment du premier tome, même si c’est techniquement possible, je ne le recommande pas du tout.