Bordeterre de Julia Thévenot
Sarbacane 2020, collection Exprim, 520 pages

« Frère – faut pas laisser grandir       l’horizontale violence
Ou – tu vas sentir gronder           une épouvantable ambiance »

« Allez vous faire lire » nous disait-elle depuis quelques années déjà, tout en nous offrant le monde : Julia Lupiot pardon, Thévenot n’avait aucun besoin de me vendre sa plume, j’étais déjà (archi) cliente. Retrouve-t-on dans son premier roman l’énergie, le charme, l’inventivité et l’absolue sincérité de son blog ? La réponse est un grand OUI et *dios*, ça fait du bien.
Elle nous emmène dans un monde parallèle, un monde où l’on tombe par glissement, devenant un *débordé*. Retourner d’où l’on vient n’est pas possible et y faire sa place se révèle des plus compliqués : régi par un système de castes parfaitement odieux, Bordeterre fait trimer (en chantant) les masses (transparentes) en ne leur permettant jamais de se hisser hors de la fange pour le confort d’une poignée de nantis quelque peu désoeuvrés ( et donc pour la plupart aussi désaxés) (oh wait…). Nous y suivons Inès, douze ans et son grand frère Tristan, seize ans, accompagnés de leur chien, Pégase… Préconisé à partir de 14 ans, ce roman se savoure à n’importe quel âge et permet aux plus aguerris de reconnaître avec joie quelques références disséminées (et de transposer aussi, un petit peu). Doté d’un véritable suspens il accroche immédiatement et sait tenir son rythme, avec une belle qualité de dialogues. Le tout forme quelque chose comme Lewis Caroll qui rencontrerait Stephen King et ça fait des petites étoiles pleines de frissons un peu partout. Je recommande ! (Très joli billet de Céline).

« La terre vous soutienne, le bord vous retienne. »