Richesse oblige d’Hannelore Cayre
Métailié Noir 2020, 217 pages, collection Autres Horizons

L’adaptation ciné de « La Daronne » sort le 2 mars, mois qui nous gâte avec la parution de ce « Richesse oblige » le 5. Après l’immense succès de sa traductrice judiciaire, Hannelore Cayre est-elle capable de nous captiver à nouveau avec une petite bretonne hargneuse et appareillée ? Sans l’ombre d’une difficulté ! Blanche de Rigny, la « qui-fait-chier » de sa génération, nantie de sa fille Juliette (dix ans) et de sa copine à-la-vie-à-la-mort Hildegarde remonte le long de son arbre généalogique pour rejoindre le récit de son ancêtre Auguste, en 1870. Ce faisant, et pour la plus grande joie de ses lecteurs, elle commet quelques petites choses pas très correctes tout en dressant un portrait accablant de justesse de notre époque. L’effet est saisissant, l’écriture toujours aussi réjouissante, j’ai appris des choses dont j’ignorais totalement l’existence (par exemple Auroville) et je me suis laissée porter d’une seule traite jusqu’à la dernière ligne avant de revenir tranquillement en arrière pour reprendre un peu tout ce qui me chamboulait. C’est un polar, on est d’accord, mais c’est aussi un roman totalement ancré au XXI° siècle alors même qu’il se déroule en partie au XIX°.