L’institut de Stephen King
Albin Michel 2020, 608 pages
Traduit de l’américain par Jean Esch

« – Tu sais ce qu’on dit au sujet de l’abîme, hein ? demanda Herb.
Luke secoua la tête. Parce que cela faisait partie des rares choses qu’il ne savait pas, ou parce qu’il ne voulait pas priver son père du plaisir de la chute.
– Quand tu le regardes, il te regarde aussi.
– Exact, dit Luke. Hé, on peut prendre un dessert ? »

Luke a douze ans, il est extraordinairement intelligent. Parfois, comme en écho à une de ses émotions, quelques objets tremblent autour de lui, ou se déplacent furtivement, sans que personne – et même pas lui, n’y ait jamais porté vraiment attention. Une nuit, il se réveille avec une femme blonde penchée au-dessus de lui et le lendemain, sans qu’il n’y comprenne rien, il est dans une chambre qui ressemble en tous points à la sienne mais qui ne l’est pas…
Partant d’une statistique avérée, environ 800 000 enfants disparaissent chaque année aux États-Unis (la plupart sont retrouvés, des milliers ne le sont pas), Stephen King imagine une explication, à sa sauce, à sa *pure* sauce même. Phénomènes para-normaux et solidarité entre amis tissent le fond de ce roman confortable, qu’on retrouve à chaque arrêt avec beaucoup de plaisir. Bien que se déroulant de nos jours, il a un fort accent d’années bien révolues et cela participe sans doute à son charme. L’histoire est bonne et prenante, la plume sûre et le propos sentimental juste ce qu’il faut (disons plutôt tendre, d’ailleurs). Moi, j’aime toujours Stephen King.