Vita Nostra de Marina & Sergueï Diatchenko
L’Atalante 2019, collection La Dentelle du Cygne, 525 pages
Traduit du russe par Denis E. Savine

«  Vous inculquer une représentation de la structure du monde, et plus important encore, vous expliquer votre place – celle de chacun d’entre vous – dans ce monde. » A priori, ce pourrait être le credo de n’importe quelle université, l’intention derrière toute éducation. Sauf que dans l’Institut des Technologies Spéciales, c’est très particulier. D’abord, absolument personne ne choisit d’y aller. Tous les étudiants sont au contraire extrêmement désireux d’en partir, ils préfèreraient tous, jusqu’au dernier, avoir la possibilité de tout plaquer. Aucun ne le fait, ni ne le peut. On n’y est admis qu’après une soigneuse sélection. Nous y suivons Sacha, que nous rencontrons alors qu’elle est en vacances avec sa mère, encore insouciante. Nous affrontons à ses côtés la première année, celle où on ne comprend rien à ce qui se passe. Puis la deuxième et enfin la troisième… Voici un roman que j’aurais dû lire plus tôt afin de le faire figurer dans mon top dix de l’année, tant il m’a fait douter de la notion de réalité. Totalement addictif, il peut évoquer Harry Potter (le côté pensionnat/magie) mais s’en tient pourtant aussi éloigné qu’il est possible. Immédiatement captivant, il procède par cercles concentriques pour nous enfoncer de plus en plus profondément dans son intrigue et nous offre le coté déroutant du vertige. Glissant ça et là quelques références bien sympas (Shakespeare par exemple), il s’appuie en fait sur l’Évangile qu’il mâtine de notions philosophiques tout en mélangeant allègrement les genres. Est-on dans le domaine du Fantastique, de la SF, d’une forme de Fantasy ? Je ne saurais me prononcer mais en ai apprécié chaque mot. Étonnant et très prenant ! (Et mon tout premier roman ukrainien, je crois bien.)