Libration de Becky Chambers
L’Atalante, 2017, 378 p.
Traduit de l’anglais par Marie Surgers

L’histoire de ce livre débute à la fin de « L’Espace d’un an », mais n’en est pas une suite : ouf. Ouf parce qu’au moment où je débute ce deuxième tome j’ai tout (déjà) tout oublié du premier, et que mes notes ne me le remettent pas en mémoire. Je me souviens d’avoir pris plaisir à ma lecture, en revanche, une sensation douillette, une lecture confortable, « sympa » dans son sens un peu tiède. D’où ma surprise, car j’ai lu ces pages-ci avec un grand entrain. On y suit une IA très récemment incarnée dans un corps humain (synthétique) tout neuf, ce qui est totalement illégal et, semble-t-il, particulièrement inconfortable pour elle. Parallèlement nous retraçons l’histoire de l’humaine qui s’occupe d’elle, issue d’une culture d’esclaves. Contre toute attente, ça m’a passionnée de grandir avec elle et de l’accompagner dans ses découvertes : tous les concepts humanistes sont abordés avec beaucoup de didactisme, me semble-t-il, ainsi que de jolis passages sur le langage et la puissance des mots. L’ensemble est chaleureux, loin d’être niais, une forme de suspens fonctionne très bien, la plume et la traduction coulent toutes seules, j’en ai été réduite à terminer les quelques pages qui me restaient à table alors qu’on mangeait parce que JE NE POUVAIS PAS attendre pour savoir, et ça n’arrive plus si souvent, dis-donc (du tout).