Thornhill de Pam Smy
Rouergue, collection Epik, 530 pages
Traduit de l’anglais par Julia Kerninon

À la fois BD et roman (roman graphique en somme), ce premier ouvrage de Pam Smy bénéficie du prestige (à mes yeux en tous les cas) de sa traductrice et de la parfaite mise en lumière d’Augustin Trappenard dans l’émission 21 cm sur Canal +. On y trouve le journal intime d’une jeune ado, Mary, en 1982, depuis sa chambre solitaire de Thornhill, un orphelinat sur le point d’être définitivement fermé. Elle est harcelée par l’ensemble des autres filles et la meneuse vient de revenir à Thornhill, Mary est pétrifiée de terreur. Parallèlement on suit l’installation d’une autre jeune fille, Ella, dans une maison en face de Thornill, en 2017. Elle aperçoit une ombre dans le jardin de cette immense bâtisse victorienne désaffectée… Mary en 1982 en journal intime, Ella en 2017 en BD pure, sans aucun texte. Ces deux-là alternent, séparées par une double page noire à chaque fois, et nous racontent une histoire sombre et inquiétante menée de main de maître, avec doutes, rebondissements et autres éléments gothiques. On notera enfin l’extrême beauté de l’objet-livre, avec ses couvertures rigides et ses pages épaisses bordées de noire, qui en font un cadeau de premier choix pour les âmes ténébreuses de tout âge, mais après 12 ans de préférence.

Le billet de Noukette.