JULES et le renard de Joe Todd-Stanton (l’école des loisirs) Trad. Isabelle Reinharez

« A Mouse Called Julian » en anglais est devenu « JULES et le renard » et le lecteur français ne peut s’empêcher de sourire à ce titre. Cet album nous raconte l’histoire d’un petit souriceau qui aime la solitude. Il s’est tout bien organisé, hop il évite par ici, zou il esquive par là. Tout va bien, vraiment. Et puis voilà qu’un renard décide de le manger. Et se coince dans son terrier ! L’occasion pour ces deux êtres que tout oppose de briser un peu la solitude ? Tout fonctionne le long de ces pages au dessin prenant et amical. L’intrigue n’est pas neuve mais très joliment revisitée, et on se laisse faire bien volontiers. Dès 3 ans.


Et moi quand je serai grand (Max et Lapin) (Nathan) de Pauline Martin et Astrid Desbordes

On passe à un album grand format pour proposer une histoire à rabats qui maintiennent un bon suspens. Max et son papa jouent à « quand je serai grand ». Ils rivalisent tous deux d’imagination et leurs désirs sont très classiques : pilote d’avion ou de fusée, magicien, tout ça, mais ils se lancent bien la balle et on sent leur belle complicité. Et puis surtout, tant qu’ils sont comme ils sont, ce qu’ils préfèrent à tout, c’est se faire des câlins ! On valide. Dès 2 ans.


La fois où Mémé a tapé un clown de Vincent Cuvellier et Marion Piffaretti (Nathan)

On avait rencontré Mémé en juillet dernier, quand elle avait vaincu un taureau. Évidemment, un clown ça semble beaucoup moins dangereux mais attention, ce clown-ci, il cherche vraiment les bricoles. Et ce n’est pas de devoir se défendre toute seule devant tout un public qui va gêner Mémé, aussi petite soit-elle ! On raffole des anecdotes bien exagérées de cette Mémé-là, on aime son sale caractère, sa faconde et sa petite bouille expressive. Vivement le prochain épisode ! Dès 3 ans.


Edmond La fête sous la lune POP-UP ! d’Astrid Desbordes et Marc Boutavant (Nathan)

On sait que « La Fête sous la lune » est le tout premier volume de la série Edmond, le voici dans une version Pop-up déchaînée ! Des molettes à tourner, des volets à soulever, à tirer, à pousser, des trompe-l’oeil de folie, de la 3D, il y a absolument tout ce qu’on peut faire avec du papier et ça donne un dynamisme total à l’histoire. Si votre enfant la connaît déjà, il adorera toutes les nouveautés à expérimenter, les autres auront le plaisir de faire connaissance avec cette bande d’amis très attachante et de pouvoir jouer avec les pages. À partir de 3 ans et parfait pour un cadeau de Noël, par exemple (grand album bien fourni).


Qui va naître ? Kididoc d’Anne-Sophie Baumann et Mélisande Luthringer (Nathan)

Disons-le tout de suite, ce Kididoc ne va pas répondre à « LA » question : comment on fait les bébés ? En revanche, on assiste aux étapes de la naissance, que l’on fait apparaître en tournant une petite roue. De la chenille au papillon, les carpes et leurs oeufs puis alevins, la grenouille, le chat, l’escargot (entre autres)  et même le bébé sont évoqués mais essentiellement ce qui concerne leur développement, pas leur conception. Il n’empêche, comme avec tous les Kididoc, les enfants apprécient le côté ludique et je dois dire que la couleur verte qui domine ici est particulièrement joyeuse. Instructif et gai ! Dès 3 ans.


Grandir ! de Pavel et Roland Garrigue (Seuil Jeunesse)

Oh qu’il est rigolo cet album ! Il s’adresse à l’enfant, et lui raconte ce que c’est que de grandir, à l’aide de pages que l’on tire (vers le haut ou le bas) et qui parfois, dépliées, changent complètement la perception du message initialement inscrit. Surprenant, drôle, graphiquement impeccable et plutôt solide, cet album est à offrir dès 3 ans.


Le petit pirate des étoiles de Michel Bussi et Peggy Nille (Langue au chat)

Nouvelle adaptation d’un roman de Michel Bussi (toujours pas lu), « Le petit pirate des étoiles » raconte l’histoire d’un petit pirate qui vivait heureux sur son île, sa maman lui promettait toujours qu’il pourrait faire ceci ou cela « quand il serait grand », et il attendait ça avec impatience, même si certaines choses ne lui seraient alors plus accessibles. Et puis il part en exploration spatiale et à son retour il n’est toujours pas grand, tandis que tous les autres restés sur l’île ont vieilli de vingt ans. Il est très, très triste et aussi dur que cela puisse paraître, va l’être encore plus, car sa famille a trouvé une solution mais elle va prendre un peu de temps… Voici un album que j’ai trouvé vraiment intéressant, parce qu’il ose se montrer différent. Aborder la notion de relativité du temps à hauteur d’enfant il faut en effet oser, ça donne une impression de vertige et j’ai vraiment hâte de le lire avec le bon public (je dirais… à proposer vers 5/6 ans ?) pour voir la réaction. De plus, tout finit bien, c’est sûr, mais il y a tout de même des pages difficiles à passer et je trouve que l’ensemble est plutôt bien amené, en tout cas ça me donne l’impression de s’adresser à l’intelligence du petit lecteur et c’est toujours une bonne chose. Peggy Nille apporte sa touche bienveillante et colorée et ses illustrations sont un réel réconfort lorsque le propos se fait un peu ardu. Une réussite !


Miam ! de Delphine Chedru (Nathan)

J’adore les livres à trous. D’abord, on n’en trouve pas tant que ça, ensuite leur suspens fait toujours mouche. Ici on décline la chaîne alimentaire des mers, depuis l’orque jusqu’au phytoplancton et on apprécie que les nombreux synonymes de l’action de manger, tout autant que cette incitation irrésistible à explorer de tous nos doigts ces bouches/gueules ouvertes (j’hésite parce qu’il y a débat, sur le net, sur le fait de dire bouche ou gueule en ce qui concerne les poissons…). Très réussi ! Dès 18 mois.


Un jour… de Guillaume Guéraud et Sébastien Mourrain (De La Martinière Jeunesse)

Hou qu’il n’est pas content, ce petit garçon-là ! Mais il s’en fiche, un jour, il sera grand et alors là… Assis à la table du dîner, en famille, il maugrée, pfff qu’est-ce qu’il s’en fiche de la boite de bonbons, d’être puni ou de devoir tenir la main (entre autres), parce quand il sera grand, un jour, ses parents regretteront de ne pas avoir voulu lui acheter un chien (le sien sera tellement affectueux), qu’il inventera un rasoir connecté à son smartphone qui transformera ses poils de moustaches en note de musique et en rayons laser, et que ce sera lui qui racontera une histoire à ses parents avant qu’ils ne s’endorment (entre autres). Et là, il se souviendra de quand il était petit… Un album grand format à proposer dès 4 ans aux petits grognons ou aux pressés de devenir grand, pour leur rappeler de profiter de ce temps béni où ils sont petits ! Les illustrations sont super chouettes en plus.