La persuasion des femmes de Meg Wolitzer
Rue Fromentin 2019, 434 pages
Traduit de l’anglais (Américain) par Jean Esch

Bien sûr, je l’avais repéré ce roman, on en parlait un peu (pas beaucoup) sur les blogs, j’avais déjà lu l’autrice (beaucoup aimé un de ses romans, un autre un peu moins et un troisième abandonné), et il est édité rue Fromentin, source de bien des heures enchantées de lecture. Mais c’est quand j’ai lu sur sa 4° de couverture ceci : « La Persuasion des femmes » vient directement se classer parmi mes romans préférés de tous les temps, à coté de « David Copperfield », « Lonesome Dove » ou « L’Amour au temps du choléra ». signé Nick Hornby, que je me suis décidée. Mais les premières pages m’ont un peu douchée. Je ne parvenais pas vraiment à entrer dedans, les états d’âme de Greer aux débuts de ses études universitaires m’ennuyaient, pour tout dire. Oui c’est une lectrice qui me ressemble, qui a trouvé dans les livres l’échappatoire vitale à une enfance difficile, mais c’est aussi, et ça ne se démentira jamais, quelqu’un d’un peu mou qui reste toujours un peu en périphérie de ce qu’elle vit, et ce n’est pas évident de se projeter. Il se trouve qu’elle n’assure pas seule la narration, et passer du point de vue de son entourage, Cory son premier amour, Zee sa meilleure amie, et Faith son mentor, permet de donner un peu plus de peps à tout ça. On les suit pendant une dizaine d’années, le temps pour Greer d’autoriser sa « voix extérieure » à s’exprimer, et ça fonctionne, plus les pages se tournent et plus on s’immerge profondément dans son univers, laissant affleurer des réactions viscérales. Mais le féminisme, propos central et farouchement intéressant, qu’on ne s’y trompe pas, ne parvient pas, à mon sens, à s’extirper des reproches qui lui sont communément adressés. Elle a un côté coupeuse de cheveux en quatre, Greer, qui la fait rester tout le temps un petit peu chiante, et moi en tout cas, je ne me suis pas sentie exaltée par ce beau combat, je n’ai pas eu l’impression que ce roman disait des choses essentielles ou éclairait quoi que ce soit. Pour autant, et pour nuancer un peu parce que ce que je viens de dire me semble trop dur malgré tout – un roman n’est-ce pas n’est pas supposé porter un étendard de quoi que ce soit ni « faire » bouger quoi que ce soit -, je l’ai refermé avec tendresse et je ne regrette pas mes heures de lecture.

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