Dégels de Julia Phillips
Autrement 2019, 383 pages
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

Nous sommes dans le Kamtchatka, une péninsule aux confins de la Russie. En août, deux petites filles (la plus grande s’occupait de la plus jeune) disparaissent. Mois après mois pendant un an, à la manière d’un roman choral (mais sans une once de feel good) nous allons apprendre à connaître cette région. Chaque mois est consacré à une femme différente. Toutes ne se connaissent pas mais sont néanmoins liées d’une manière ou d’une autre, et les deux petites disparues sont dans leur esprit. C’est comment, de vivre au Kamtchatka, de nos jours ? Les petites sont-elles mortes ? Qu’est-ce qui s’est passé et pourquoi toutes ces femmes différentes ?…
Pour son premier roman Julia Phillips frappe très fort. Elle nous offre tout le suspens d’un roman policier tout en flirtant avec la nouvelle pour la forme et en soutenant le tout par un fond très solide : tenant de l’ethnologie et du social pur, elle parvient à nous émouvoir aux larmes (Revmira) avant de faire s’envoler notre rythme cardiaque. C’est une découverte assez éblouie, pour ma part, par le talent de l’autrice bien sûr mais aussi par celle du peuple Évène dont j’ignorais l’existence. Tendu, émouvant, effrayant et invitant avant tout au voyage et à la rencontre de l’autre, ce roman est ultra prenant.