Centième billet consacré aux livres pour enfants, dis-donc. Ça fait un paquet d’albums lus et présentés, ça, wouah ! Sachant qu’en moyenne, un billet pêle-mêle présente dix livres, mais pas toujours, très rarement plus, quelquefois moins, on tourne autour grosso-modo des mille livres lus. Lus souvent de très nombreuses fois, d’ailleurs. Et ce n’est pas fini !

Mes émotions (Mes Kididoc à jouer) de Charlotte Roederer (Nathan)

Les jeunes enfants adorent qu’on leur parle de leurs émotions, ce Kididoc fait encore mieux : non content de les leur expliquer à l’aide de situations très concrètes et super facilement transposables, il leur permet d’en jouer ! Des votes à soulever, des languettes à tirer ou à pousser, des flèches à diriger, on se sent maître de la situation et ça plaît énormément. Dès 2 ans et jusqu’à un bon 4 ans.


Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement d’Audrey Poussier (L’école des loisirs)

Chez ces deux enfants là, attention, c’est organisé. Un jour pour chaque chose, le lundi, on trie, etc., les jouets ça ne va pas rigoler, vous allez être rangés vous allez voir ça. Enfin, ça c’est ce que le petit bonhomme du rangement voudrait. Dans la réalité, heu, comment dire, l’imagination est de la partie et le rangement demeure un concept tout ce qu’il y a de plus abstrait… Offrez cet album malicieux et foisonnant dès 3 ans, pour donner envie aux enfants de consacrer du temps à leurs jouets, que ce soit pour les ranger, ou pas ! (Parce que vous avez tous constaté comme moi qu’ils jouent en majorité avec tout, sauf leurs jouets, rassurez-moi ?!…)


Une journée à la maternelle de Camille Giordani-Caffet, illustrations : Aki (De La Martinière Jeunesse)

Voici un petit album documentaire parfait pour préparer tranquillement pendant l’été le petit enfant qui entrera à l’école en septembre. La journée y est présentée en détail, sans occulter le côté effrayant de la séparation d’avec papa et maman. Oui, c’est dur de les savoir loin et d’être au milieu de tout ce monde, mais ça a ses bons côtés aussi, et on les passe en revue avec une jolie simplicité. Dès 3 ans.


Nip & Nimp en voiture de Lionel Serre (Les Fourmis Rouges)

Nip & Nimp ont leur place dans ma bibliothèque pour les petits depuis le premier jour, mais je suis la seule à les lire, mes petits-enfants ne s’y intéressent pas le moins du monde, ce qui m’a toujours un petit peu énervée (et étonnée). Ça va changer cette fois, car voici un album de leurs aventures avec les voitures ! Qu’ils participent à un grand prix de Formule 1, soient aux prises avec la construction d’une autoroute derrière leur jardin ou partent en vacances dans l’enfer des bouchons, Nip et Nimp sont marrants, joyeux, absurdes et on en redemande ! On apprécie aussi, évidemment, la réflexion écologique jamais donneuse de leçon derrière les histoires farfelues. Dès 6 ans.


Les histoires (presque) vraies de Mathilda de Susanna Mattiangeli, illustré par Rita Petruccioli Trad. Faustina Fiore (Didier Jeunesse)

« J’en ai conclu que ‘différent’, ça voulait dire ‘pareil’, mais en pire. » Peut-on dire que Mathilda est différente des autres petites filles de son âge ? Si on en croit ce qu’elle en dit, pas du tout, du tout ! C’est une pépette de neuf ans à la fantaisie chevillée aux doigts, qu’elle a disserts. De l’imagination à revendre, ce qui lui permet de développer des histoires à partir de tout. Avec elle,  les chiffres deviennent des personnages à part entière et les interros prennent vie. Ses poèmes peuvent se lire à l’envers et prennent alors un sens opposé, elle s’écrit beaucoup à elle-même pour dans quinze ans et m’a fait hurler de rire avec sa lettre en anglais. Joyeuse, malicieuse et tout à fait bien dans ses baskets, Mathilda séduit ! (À noter, un joli marque-page à découper au revers de la couverture)  Dès 9 ans.


La petite histoire de la colère de Florence Langlois (Nathan)

La collection Ouistiti fait rire les petits est à mettre entre toutes les mains des enfants à partir de 18 mois, tant elle s’y entend pour leur raconter le quotidien sous des aspects très dépaysants. On assiste ici au moment du coucher, qui ne se déroule pas comme Dudule la sorcière le souhaiterait : les zouzous rigolent ! Un peu, beaucoup, trop à son goût. Alors elle se fâche ! Mettez cette petite histoire de la colère entre toutes les petites oreilles, elles adorent assister à des éclats de colère, il se pourrait bien qu’elles (se) rejouent la scène souvent, d’ailleurs. Notons bien au passage que Dudule, elle, promet de ne plus jamais se mettre en colère…


Timoto cuisine un anniversaire de Rémi Courgeon (Nathan)

Le truc avec Timoto, c’est qu’on jurerait lire une anecdote arrivée parmi les petits de 4 ans qu’on connaît. C’est criant de vérité, donc, et tout aussi charmant et mignon et drôle que si c’était le nôtre qui aurait, un jour comme ça, décidé de demain, ce serait l’anniversaire de Papa. Il est né un 8 septembre ? Et alors ! On n’a qu’à dire que demain ce sera le 8 septembre, et puis voilà. Mais attention il fait tout bien, Timoto : un gâteau, un cadeau, une surprise, tout. Bien sûr, il y a bien quelques petits couacs, mais ça c’est normal… On est très fans par ici 🙂


Délivre ce livre ! de François Hanozet et Grégoire Mabire (Mijade)

Alors qu’il nous accueille dans son labo, Biblius reçoit un message horrible, c’est affreux : c’est la dernière fois que ce livre s’ouvre. Affolé, il nous demande de l’aider, hors de question de se retrouver coincé tout seul à jamais entre les pages. Il faudra la bonne formule magique et beaucoup de bonne volonté… Un album à proposer dès 5 ans pour celles et ceux qui aiment interagir avec un livre, une bonne manière de transposer doucement le coté littéral vers l’amour plus abstrait de la lecture. On se régale avec les illustrations (la bibliothèque de Biblius est très sympa !) et puis, nous, ici, de toute façon, les livres qui parlent de livres, on adore ça !


La petite histoire des chiffres de Florence Langlois (Nathan)

On dit que quand le sommeil tarde à se montrer, il faut compter les moutons. Grogrochien, lui, aimerait beaucoup s’endormir, mais un par un, des moutons déboulent et veulent se joindre à lui. Chacun a un prétexte différent. Grogrochien est tout gentil, il accepte toujours, mais à force d’être sans cesse dérangé, il n’a plus sommeil ! Super, disent les dix petits moutons, il va pouvoir leur raconter une histoire ! Dès 18 mois.


Mon ours d’Ilya Green (Nathan)

Un petit format pour cet album d’une très grande beauté. Cartonné, il propose une histoire jouant sur le faire semblant dans laquelle une petite fille se met en scène dans des aventures sauvages… au milieu de son jardin, sous le regard bienveillant de son papa. Les couleurs sont magnifiques, le dessin précis et très doux. On adore ! Dès 2 ans.


Le monde entier est NUL de Julie Cazalas-Caïe et Vincent Bourgeau (Seuil Jeunesse)

Houlalalala, attention, tous aux abris, Carléro est de très méchante humeur. C’est bien simple, tout est NUL, NUL, NUL. Le monde entier est NUL. La forêt du monde entier est NULLE. L’école de la forêt du monde entier est NULLE. La cour de récré… je m’arrête là (pas lui), mais vous avez compris l’idée. Bien sûr, il y a une raison à cette crise de nullité, et il faut bien qu’elle se passe, c’est comme ça, parfois tout est nul et puis c’est tout. Pour en sortir, il faut du temps, des amis, une famille, des crayons et deux-trois autres petites choses encore… Un album très vivant et dynamique qui enchante par sa douce poésie (oui, oui) et la chaleur de son petit héros grognon (adorable, au fond, évidemment !). Indiqué à partir de 3 ans mais je le conseille plutôt vers les 5 ans, histoire d’en savourer toute l’inventivité.