Il était une fois Morris Jones de Ran Walker
Les Grands Romans Autrement, 2019, 333 pages
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc

« Le blues, c’est le seul remède que je connaisse contre les peines de coeur.
(…)
– C’est soit ça, soit la picole. »

Delta du Mississippi, de nos jours. Le vieux Morris Jones vit à deux pas du musée du blues, où l’on peut voir une photo de lui. Pas super célèbre, pas très entouré, il est pourtant une figure notable du blues pour qui la musique a été et est toujours très importante. Trois personnages vont graviter autour de lui et nous raconter son histoire. D’abord il y a Coltrane, un jeune prof de littérature, auteur d’un premier roman remarqué et en bataille avec le second. Se greffe ensuite Jason, quinze ans, que la mort de ses parents a placé auprès de sa grand-mère, Mama Bouf, voisine de Mojo. Enfin il y a Isaiah, le seul et unique fils de Mojo avec qui il n’a jamais été en contact. Plusieurs générations aux préoccupations diverses, le blues, les champs de coton, les juke joints, la chaleur, l’intemporalité du Sud, l’atmosphère empreinte de légendes, Ran Walker excelle à nous restituer la magie du Sud. Sa plume est sobre et presque dépouillée, elle nous semble aller à l’essentiel et détache de toute considération annexe la vérité des sentiments qu’elle expose. Brillant, touchant, ce roman nous rappelle que toute la musique qu’on aime, elle vient de là, elle vient du blues.

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