Slade House de David Mitchell
Éditions de l’Olivier 2019, 270 pages
Traduit de l’anglais par Manuel Berry

« Slade Alley part à peu près au milieu de Westwood Road… » est-il inscrit sur l’invitation qu’a reçue Rita Bishop, en 1979. Le problème étant qu’elle ne la trouve pas, cette ruelle. Dans un premier temps. Car les occupants de Slade House, la maison située dans Slade Alley, ne lancent jamais d’invitation au hasard…
À partir de ces quelques mots tout peut arriver, et David Mitchell s’y entend pour exciter l’imagination de son lecteur. À l’aide de mots mystérieux comme « lacune » « glyphe » « oraison » « suasionisme » (j’en passe), il nous raconte une histoire de maison hantée venant recharger ses batteries tous les neuf ans en « absorbant » l’âme d’une personne détentrice d’un certain don. De 79 à 2015, on suit ainsi différentes histoires et personnes qui se rejoignent en un final qui ne répond pas à toutes les questions posées. Frustrant d’une certaine manière, bien sûr, mais ne diminuant pas pour autant le vrai plaisir pris pendant la lecture. C’est intrigant, étrange, extrêmement bien mené, à la fois très classique et tout à fait personnel. Ayant débuté ce roman sur Twitter, l’auteur ne cesse de s’auto-référencer paraît-il mais quand, comme moi, on n’a rien lu de lui (rien jusqu’au bout, tout au moins…), on ne voit forcément rien.

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