La Colombienne de Wojciech Chmielarz
Agullo 2019, 404 pages
Traduit du polonais par Erik Veaux

 

Troisième volume des enquêtes de l’inspecteur Mortka, qui est revenu à Varsovie et est rappelé au boulot alors même qu’il n’est pas encore remis de ses blessures. Un bras plâtré et le verdict de sa contamination par le virus du SIDA en cours de définition, on ne peut pas dire qu’il ait la tête à résoudre des crimes. Mais c’est le Kub, un soldat au fond, un homme droit et remarquablement exempt de préjugés pour un Polonais (ce roman nous donne à voir encore des aspects vraiment repoussants de la mentalité polonaise…). Son affaire est celle d’un meurtre spectaculaire, un homme éviscéré, pendu sur un pont les mains attachées dans le dos avec un objet serré dans la main. Nous qui avons lu le prologue, établissons des connexions, cherchons à donner une cohérence aux différents éléments mis au jour progressivement, et c’est précisément en ça que ce polar se démarque des autres, il invite le lecteur à procéder à sa propre enquête, forcément un peu différente de celle menée par le Kub (qui ne possède pas les mêmes éléments) mais tout aussi déroutante. Évidemment, la « surprise » finale remet tout en perspective et si on relit avec la vérité en tête, on constate que ça fonctionne parfaitement. Je me suis totalement fait surprendre, et j’adore ça.


À lire en mangeant un peu de metka sèche suivie d’un krowka moelleux,

ou alors une part de Platzek (placek) avec un morceau de Makotch (Makowiec) ?

Dur de choisir (il manque de la Bobka, quand même…) quand on revient d’une virée dans son enfance… (Excellent charcutier polonais à Bruay-la-Buissière, je recommande).