Au nom du bien de Jake Hinkson
Gallmeister, Americana, 2019, 307 pages
Traduit de l’américain par Sophie Aslanides

J’avais bien aimé l’an dernier « Sans lendemain » de Jake Hinkson, mais j’ai cette fois pris une sacrée claque avec ce « Dry County ». On y fait la connaissance du pasteur Richard Weatherford la veille de Pâques, alors qu’il est très occupé. C’est un moment fort de sa paroisse, riche de plus de trois cents personnes en temps normal (Pâques va en attirer encore plus). Tous ses enfants sont réunis à la maison. Nous sommes en Arkansas, dans les Ozarks (on pense forcément à la série), en 2017, c’est l’Amérique profonde, où l’homosexualité est honteuse, où le pasteur est une figure de pouvoir importante. Ce matin, Richard est réveillé par un appel, à l’aube, le jeune Gary veut le voir tout de suite, il ne peut se défiler. Il ment à son épouse et sort. C’est le début de vingt-quatre heures pendant lesquelles tous ses repères vont se brouiller… On ne peut pas absolument pas s’imaginer ce qui va se produire. On ne peut qu’assister, évoluant dans nos perceptions de la situation à mesure qu’on connaît mieux ceux qui la racontent, à une construction totalement bluffante, qui se termine dans un crescendo haletant jusqu’au point final, un prêche magistral aux accents dévastateurs pour qui en savoure l’extrême hypocrisie. C’est un grand grand roman !