Le chien de Madame Halberstadt de Stéphane Carlier
Novella
Le Tripode 2019, 174 pages

« J’aurais pu intenter un procès à mon enfance, porter plainte contre les années 80. Pour m’avoir induit en erreur, m’avoir fait croire que tout ne basculerait pas, qu’on se méfierait de la technologie, qu’on lirait toujours Aragon, Bukowski, Carson McCullers, que quelqu’un comme Richard Russo serait un peu connu, que l’humanité ne deviendrait pas complètement débile, obsédée par l’argent, le foot, les marques, que nos pires cauchemars resteraient de l’ordre du phantasme. J’aurais dû, je suis sûr que j’aurais touché des dommages et intérêts. »

C’est vrai ça, comment expliquer que Richard Russo ne soit pas plus connu, disons célèbre, que ça ? Baptiste a comme ça de jolies références, enfin je les trouve jolies parce qu’elles sont les miennes aussi, souvent, même si (comme l’auteur) j’ai quelques années de plus que lui. Plus tout jeune non plus de toute façon, le Baptiste, il vient de tourner le 4, et il ne va pas fort. Son troisième roman est un flop, son amoureuse l’a quitté pour leur dentiste, sa mère est pratiquement son seul contact humain. Il perd la notion des jours, de l’hygiène, est obsédé par son classement sur Amazon (catastrophique) et ne sort de chez lui que pour aller espionner son ex. Bref, gros down, remise en question, est-il vraiment un écrivain, tout ça. Et puis sa voisine lui confie son chien, un vieux carlin obèse, pour quelques jours. Et tout change…
Je ne l’ai pas vue passer, cette novella. Engloutie d’une traite, amusée, charmée même par le ton toujours juste de Stéphane Carlier, par sa bonne humeur même dans la panade, par le petit côté fantastique (léger) des plus sympathiques.
Je recommande ! Tout comme : Yvon et Cathulu,

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