J’emboîte le pas de Papillon, parce que ce Tag m’a donné plein de pistes de futures lectures, et que j’ai pris grand plaisir à le lire chez différentes personnes : Noukette, Electra, Nicole, Jérôme, Karine … Je préviens, il  prend un temps fou à faire (conseil : une question de temps à autre) mais en même temps, il booste, et j’invite tout le monde à se lancer, faisons revivre cette jolie époque des Tags !


 

A pour « auteur » : l’auteur(e) dont tu as le plus de livres

Il y en a beaucoup, je n’ai jamais compté le nombre exact de livres lus par auteur dont je m’entiche, donc je ne saurais dire qui l’emporte mais ça se joue entre Stephen King, Charles Dickens, Honoré de Balzac, Émile Zola, ou Philip Roth, parmi les plus prolixes. À noter que je n’ai jamais, jamais pour personne lu l’intégralité de l’oeuvre, il y a toujours un ou deux romans que j’abandonne, parce que je ne lis pas pour lire ou pour dire que j’ai lu mais parce que j’aime ce que je lis, donc quand je n’aime pas j’arrête de lire et il y a toujours un roman qui ne me plaît pas plus que ça chez tous les auteurs. J’ajoute que je trouve ça très normal et très sain 😉


 

B pour « best » : la meilleure suite de série

J’adore m’enfiler des séries littéraires, je ne vois pas trop comment le formuler autrement même si ce terme « enfiler » est particulièrement laid, mais il y quelque chose de fébrile et jouissif à quérir (je compense ;)) le tome suivant, et je me souviens tellement bien de ma période Lawrence Block (Matt Scudder) ou plus récemment John Harvey (Charlie Resnick), sources d’heures de lectures très plaisantes. Mais ça n’existe pas, une meilleure « suite » de série. Une série c’est un tout !

LISTE Matt Scudder
Parce qu’il mérite une liste à lui tout seul, l’ordre de lecture de la série des Matt Scudder de Lawrence Block, traduit par Robert Pépin, André Roche, Rosine Fitzgérald, France-Marie Watkins et Etienne Menanteau.
1. Les péchés des pères (Où l’on verse 10 % à l’église)
2. Tuons et créons, c’est l’heure (Où l’on picole tant et plus)
3. Au coeur de la mort  (Bourbon et café)
4. A Stab in the Dark  (Pas traduit, ben alors ?)
5. Huit millions de façons de mourir  (AGOPAPAP) (On arrête de boire)
6. Le blues des alcoolos (Où l’on repart dix ans en arrière)
7. Drôles de coups de canif  (Trois ans et deux mois de sobriété)
8. Un ticket pour la morgue  (Elaine, Elaine, Elaiiiiiiine !)
9. Une danse aux abattoirs  (Snuff-movies, beurk)
10. La balade entre les tombes  (Kidnapping)
11. Le diable t’attend (Jan et SDF)
12. Tous les hommes morts (Confrérie et dix ans de sobriété)
13. Même les scélérats… (Investissements financiers)
14. Ils y passeront tous (ca tombe comme des mouches !)
15. Trompe la mort (Dix-huit ans de sobriété, Internet et thriller)
16. Les fleurs meurent aussi (Pas remis du 11 septembre)
17. Entre deux verres (Retour à la première année de sobriété, souvenirs-souvenirs…)

 


 

C pour « current » : ta lecture en cours

Au moment où je réponds à cette question je suis plongée dans « América« , la revue de Busnel que je lis d’ailleurs pour la toute première fois, son prix (19 euros) étant un repoussoir certain, même s’il s’agit d’un trimestriel et que seize numéros uniques sont prévus (le temps du mandat de Trump). Mais là j’ai craqué en lisant un Post Instagram de Pascale Frey. Une nouvelle inédite de Philip Roth, c’était trop tentant. Le reste de la revue est très bien aussi, j’avoue, même si je regrette finalement de l’avoir achetée car je sais que je ne la lirai pas autrement qu’en diagonale (j’ai encore un exemplaire de LIRE acheté cet été et pas encore ouvert…) et que la nouvelle de Roth va paraître dans un recueil le 16 mai prochain chez Folio.


 

D pour « drink » : la boisson qui accompagne tes lectures

Je ne bois pas en lisant. Normalement, si ce que je lis m’emporte je n’ai ni faim, ni soif, ni sommeil, ni RIEN, là étant un des grands intérêts de la lecture à mes yeux. Bon sinon en ce moment ma boisson phare tout au long de la journée c’est la menthe, cette infusion de menthe (sans verveine ou autre, juste de la menthe) qu’on ne trouve pas en France ou alors dans la marque Pukka, vendue dans certains magasins bio seulement mais beaucoup trop chère. Je fais des stocks en Angleterre à coût bien moindre.


 

E pour « e-book » : e-book ou roman papier

Papier ! Mon Kindle a rendu l’âme et de temps en temps je squatte celui de mon mari (en voyage essentiellement) mais c’est peu pratique et pour le moment, je n’ai pas envie d’en racheter.


 

F pour « fictif » : un personnage fictif avec qui tu serais sortie au lycée

Pourquoi au lycée ? C’est si loin pour moi… J’ai beau chercher, je ne me souviens pas d’engouement frictionnel.Je n’ai pas vibré, ado, sur Heathcliff ou Fitzwilliam, je ne les connaissais pas, je lisais des conneries et des petits livres insignifiants mais c’est grâce à eux que je me suis ouverte les années passant à autre chose.


G pour « glade » : un roman auquel tu es contente d’avoir laissé une chance

« La patience de Mauricette » de Lucien Suel
« Je m’en fiche de la réalité. Complètement. »
Romans, si vous saviez… Comme parfois on est injuste, comme quelquefois on est absent, pressé, l’esprit occupé, à tort, évidemment, toujours à tort. Toi, Mauricette Beaussart, tu dois être quatre fois dans ma bibliothèque, cachée dans le désordre des triples rangées dans un sens et dans l’autre. Tu m’as été prêtée, offerte, je t’ai achetée aussi, je t’ai même achetée deux fois, en broché et en poche (sans me souvenir l’avoir déjà fait, naturellement, toujours tu me tentais, tu vois). Et à chaque fois, je t’ai abandonnée, rebutée après quelques pages, me souvenant vaguement de ton Christophe et me fermant à ta prose sautillante, décrétant un « ce n’est pas pour moi » arbitraire. Pas le temps, pas le temps de le prendre.
Mon temps retrouvé, regagné, je suis tombée amoureuse de toi. Tu as soixante-quinze ans, tu as eu une vie horriblement injuste, tu luttes pour lâcher enfin ce sac de malheurs qui t’englue, tu perds la boule, tu ratiocines, tu plaisantes, tu m’enchantes. « Je suis dans mon innocence, une petite fille de longue date. » Quand tu suggères à ta copine Alfonsina un poème sur l’Eternit, les plaques ondulées en fibrociment, pour faire pendant à Rimbaud, tu m’éclates. Quand tu dis : « J’ai eu plus que mon compte. Beaucoup. Je n’ai pas mérité ces responsabilités. Et sans compensation juste dans les livres. Les mots couchés qui se lèvent devant mes yeux en tournant la page.« , tu me touches. « Moi je suis prise en charge tout de suite à cent pour sans.« …
Et puis l’univers dans lequel tu te débats me plaît infiniment, aussi. Pas l’asile, évidemment, mais le Pas-de-Calais, Mémère Beaussart et son patois, les fillettes avec des chiennes, les plages de Berck et Merlimont, ton Christophe traducteur de romances au kilomètre, votre belle, si belle amitié née dans un cours d’informatique, tu avais déjà cinquante-cinq ans, lui ouvrait la quarantaine.
Et ta force, Mauricette. L’incroyable puissance que tu dégages, ton charme absolu malgré les entraves de la dépression et de la démence, ton amour des mots et de la poésie, ta malice, ta grâce (ton mot final, « C’est peut-être la grâce.« )…
Coup de coeur total. Très, très bon roman.
La Table Ronde 2009, Folio 2011 234 p.
« Il y a aussi quelquefois quelques fois parfois des petits bonheurs très doux. Je regarde bien. M.B. fossile encore vivant.« 

 

H pour « hidden » : un roman que tu considères comme un joyau caché

Définis « caché » ?… De toute façon, il serait dans mon Top 100, mais j’ai des goûts assez grand public, je crois.


 

I pour « important » : un moment important dans ta vie de lectrice

Mon Patounet, évidemment. Le choc de la rencontre avec « Le Prince des Marées« . Sa lecture à Beaubourg, dans le calme de l’immense bibliothèque, la facilité émerveillée avec laquelle je dévorais ce pavé devenu mythique à mes yeux, la myriade de sentiments qu’il me faisait éprouver.


 

J pour « juste » : le livre que tu viens juste de finir

« Personne ne disparaît » de Catherine Lacey


 

K pour « kind » : le genre de roman que tu ne liras jamais

Il y a des genres qui m’attirent très peu mais je crois avoir déjà lu à peu près tout ce qui existe en diversité, en tout cas je ne vois rien qui me ferait affirmer, non, ça, jamais. Après si ce que je lis s’avère être empli de violence gratuite dégoûtante, j’arrêterai de lire et puis voilà. La SF trop technique me fait fuir aussi, un peu. (Un peu seulement, parce que si elle laisse une place à l’intrigue, je peux apprécier malgré tout.)


 

L pour « long » : le plus long roman que tu aies jamais lu

Je ne sais pas si c’est le plus long mais 2666 de Bolanō était un défi pas banal.


 

M pour « major » : le livre qui t’a causé le plus gros « hangover »

« La malédiction Henderson » de David Adams Richards. Peut-être parce que c’était la première fois que j’étais confrontée littérairement au côté quasiment insupportable, intolérable de l’injustice.


 

N pour « nombre » : le nombre de bibliothèques que tu possèdes

Bah, je ne garde plus mes livres, ou de moins en moins. J’ai deux bibli mais elle sont lentement colonisées par les livres de cuisine (mari) et les livres pour enfants. Plus je vieillis et moins je stocke ! (Elles ne sont pas rangées en plus, hou la la.)


 

O pour « one » : un roman que tu as lu plusieurs fois

Je relis pas mal en fait, j’aime ça, je trouve que comme avec les films, la relecture offre une attention aux détails que ne permet souvent pas la découverte de l’intrigue. Je citerais aujourd’hui Bons baisers de Mesménie de Fabienne Betting parce que je n’en reviens pas de la manière dont ce roman que je trouve très réussi s’est fait descendre à sa sortie par Le Masque et La Plume.


 

P pour « préféré » : ton endroit préféré pour lire

Ma chambre ! Il faut dire qu’elle bénéfice d’un climat exceptionnel, doux en hiver, frais en été, grâce à une orientation judicieuse et aérée, avec une vue sur la cime des arbres du parc voisin (l’avantage de vivre en étage élevé). Mais sinon je lis partout et en toutes circonstances, je suis une LTT de compétition (Lectrice Tous Terrains).


 

Q pour « quote » : une citation des livres que tu as lu qui t’inspire ou te fait ressentir plein d’émotions

« Pour le Graal, j’ai bâti une forteresse, moi. Kaamelott, ça s’appelle.
J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume. En Calédonie, en Carmélide, à Gaunes, à Vannes, aux Pays de Galles. J’ai fait construire une grande table, pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde, pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, ou en bout de table. C’était compliqué, alors j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal, pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce c’est pas vrai.« 
Arthur, Livre V, Alexandre Astier (ce génie)

 

R pour « regret » : un regret de lecture

Ah la la, ça m’arrive souvent, de regretter une lecture, parce que je suis beaucoup trop perméable à la fiction et aux petites choses impalpables. Par exemple je regrette beaucoup d’avoir lu « Un bon écrivain est un écrivain mort » de Guillaume Chérel parce qu’avant lui, j’adorais tout ce que publiaient les éditions Mirobole et qu’il m’a fait m’en méfier.


S pour série : une série que tu as commencée mais jamais finie

(et dont tous les tomes sont sortis)

La Comédie Humaine de Balzac. Sur ma lancée des Rougon-Macquart de Zola j’ai cru que j’arriverais au bout du grand Honoré et puis j’ai commencé à y aller à reculons et à me trouver mille excuses et à me dire allez j’ai le temps, c’est juste une pause et maintenant je revends mes Pléiades parce que je me suis finalement avoué que je n’avais aucune espèce d’envie d’y revenir un jour.


 

T pour « trois » : trois de tes livres préférés de tous les temps

David Copperfield de Charles Dickens, La découverte du ciel d’Harry Mulisch et Le Temps où nous chantions de Richard Powers.


 

U pour « unapology » : quelque chose dont tu es fan sans aucun remord

Et qui a quelque chose d’honteux, sous-entend la question, mais pourquoi avoir honte de ses goûts ? Je suppose que tout est contestable pour qui veut emmerder le monde, et que mon appétence certaine pour la nouveauté, les parutions récentes et la littérature contemporaine peut apparaître aux yeux d’une poignée d’élitistes comme pitoyable. Mais on n’a jamais, JAMAIS raison de juger.


V pour « very » : un livre dont tu attends la sortie avec une grande impatience

« Les modifications » de Sayed Kashua, parution le 11 avril. J’ai lu ses trois autres romans et il m’embarque immanquablement.

 

W pour « worst » : ta pire habitude livresque

Je fais tout ce qu’il ne faut pas faire : je multi-corne (en haut, en bas), j’écris sur mes livres et je casse le dos pour qu’ils s’ouvrent bien à plat. E.T.  A.L.O.R.S ?


 

X pour « x » : commence à compter à gauche en haut de ton étagère la plus proche et prends le 27ème livre

Tadaaaa ! Il s’agit de : « Les vérités provisoires » d’Arnaud Dudek.


 

 

Y pour « your » : ton dernier livre acheté

Tadaaa ! Il s’agit de : « Le festival de la couille » de Chuck Palahniuk (quel titre !). Le dernier livre qu’on m’a prêté, c’est « Colorado Train » de Thibault Vermot, et je vais le lire avec intérêt parce qu’il a une histoire : c’est le mari d’une amie de ma nièce qui l’a écrit, et toute sa famille l’a lu, c’est-à-dire mon beau-frère, ma belle-soeur, leur fille (ma nièce, donc), son mari, et tous l’ont aimé, mais personne ne l’a interprété de la même manière. Intriguant, non ?


 

 

Z pour « Zzz » : le dernier livre qui t’as tenue éveillée bien trop tard dans la nuit

L’Outsider de Stephen King parce que King réveille toujours chez moi une peur enfouie, indistincte et dérangeante. Il m’empêche, littéralement, de dormir !


(La ravissante lectrice de l’image de en tête de ce billet est ma petite-fille, Naomi, alors qu’elle n’avait pas encore une semaine.)

 

 

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