J’irai danser (si je veux) de Marie-Renée Lavoie
J’ai lu, collection lj, 2018, 256 pages
(paru sous le titre « Autopsie d’une femme plate » aux éditions XYZ en 2017)

À quarante-huit ans, Diane se fait plaquer par son mari quelques jours avant la grande fête qu’ils avaient planifiée pour fêter leurs vingt-cinq ans de mariage. Il lui propose de la maintenir malgré tout, pour ne pas perturber les plans de leurs nombreux invités. Loin de se démonter, elle se crée un profil Facebook, invite en ami la terre entière (du moins, leurs amis et famille au grand complet), avant de leur poser cash la question :

« Facebook, toi qui sais tout, peux-tu me dire si je devrais annuler les festivités de mon 25° anniversaire de mariage vu que Jacques (mon mari) m’a annoncé qu’il me quittait pour « Quelqu’un D’autre » ? »

À la suite de quoi elle supprime quelques jours après son compte sans lire les quatre cent soixante-douze commentaires qui s’étaient accumulés. Un acte plutôt flamboyant pour s’éviter de devoir subir l’annonce de sa nouvelle situation. Mais flamboyante, elle ne l’est pourtant certes pas, à ramasser à la petite cuillère plutôt sauf que ce serait avec l’accent québécois, et que ça change carrément tout. D’abord parce qu’au fond de sa réelle détresse, Diane a de la ressource. Loin d’être une femme plate (ce que lui reproche en gros son mari), elle va découvrir posséder une réelle fantaisie, bien aidée par sa collègue et amie récemment passée par le même genre de rupture. Le tout oscille entre désespoir et rire sonore et la tempête des expressions, tournures et même état d’esprit québécois possède un charme si puissant que j’ai relu ce roman une deuxième fois dans la foulée de la première, désireuse de prolonger l’enchantement. Tendre et drôle et immensément pertinent.

« Je dois même avouer une chose terrible : je ne sais pas comment marcher dans les rues sans poussette et sans but précis. Il y a quelque chose que je ne maîtrise plus désormais dans la marche récréative. Ce n’est pas simple d’aller nulle part. »