Nos vies prisonnières de Parno et Phil Castaza
Bamboo éditions, Grand Angle, 2019, 144 pages

Deux mondes glissent l’un à coté de l’autre dans cette longue BD qui contient une histoire unique : celui de la banque et de la médecine. Différents protagonistes nous racontent, façon roman choral, qu’ils n’en peuvent plus de la vie qu’ils mènent, qu’ils ont l’impression de la subir sans avoir rien choisi. C’est toujours le même refrain, productivité, bénéfices, pions sacrifiés sur l’autel du rendement, bla bla. Au-dessus il y a toujours un chef (qui a lui aussi son chef etc.) qui n’a d’autre choix que de jouer ce jeu, où tout le monde est perdant. Le médecin de l’histoire est au bout du rouleau lui aussi, les patients lui sortent par les yeux (ses fantasmes de réparties sont consternants, au passage) et c’est comme d’un parchemin magique qu’il s’empare d’un document que le hasard place entre ses mains. À partir de là, on assiste à une sorte d’enquête/rédemption improbable qui m’a fait grincer des dents tellement c’était téléphoné. Lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, je reconnais à cette BD de réelles qualités graphiques : le dessin change de techniques et de tonalités selon le moment qu’il décrit et le découpage en plusieurs chapitres aère bien une histoire par ailleurs plutôt dense. En revanche je n’adhère pas du tout à l’intrigue dont j’ai détesté l’ambiance triste au possible.