Pension complète de Jacky Schwartzmann
Seuil cadre noir, 2018, 192 pages

« Un écrivain. J’ai toujours pensé que ces types possédaient en eux deux choses totalement opposées : un narcissisme démesuré et un intérêt quasi nul. »

Dino approche de la cinquantaine et vit tranquille-pépère depuis vingt ans au Luxembourg, où sa qualité de français est bien mal perçue. À commencer par sa belle-mère, qui vit chez eux depuis un AVC invalidant. Il faut dire que la dame est cacochyme, car la chérie de Dino a plus de trois décennies de plus que lui – et accessoirement une fortune de chez fortune. Pour autant, il réfute le qualificatif de gigolo, parce que sa Lucienne, il l’aime, voyons-nous. Contraint d’aller seul voir ailleurs s’il y est pendant quelques temps (il a frappé un banquier qui l’énervait), il tombe en panne de voiture et attend qu’elle soit réparée dans un camping, seul endroit libre sur le moment. Il y fait la connaissance de Charles, un Prix Goncourt venu étudier « les vrais gens » à la manière d’un ethnologue…
Un roman qui a de l’abattage ! Drôle, vif, mordant mais très tendre, il nous fait suivre les péripéties d’un affreux jojo qui s’y entend pour enfumer son monde, et on en redemande ! Ponctuée de petites phrases vachardes mais souvent très justes, l’intrigue ressemble à une farce tout en conservant des atours très comme il faut.
Ça donne envie de relire l’auteur !

Le billet de Jean-Marc.

Déjà lu du même auteur : Mauvais coûts

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