Comment on devient bon en maths d’Emmanuel Arnaud
Métailié 2019, 191 pages

« Une aventure de Kropst le rusé » nous dit-on en sous-titre, et qui a lu « Le théorème de Kropst » ne manquera pas de lire ce troisième tome consacré à ce personnage (que l’on peut tout à fait aborder sans avoir lu le précédent, d’ailleurs).
C’est l’année de maths spé, la deuxième (la seconde, souvent…) après la terrible maths sup, qui a certes donné le ton mais sans préparer réellement à la difficulté de spé.
Dès le début, Kropst vacille. Il perd vingt places au classement, ses notes sont catastrophiques et il ne voit pas comment inverser la tendance, il bosse déjà plus que de raison. Il se livre alors à un examen minutieux de ce qui l’a amené à se croire doué, et trouvera le biais par lequel réaborder plus sereinement cette année déterminante…
Emmanuel Arnaud sait comme personne séduire son lecteur même avec les sujets les plus ardus. Sa manière de nous parler de math sans nous perdre n’a, à ma connaissance, pas d’égale, et ce qu’il nous donne à voir des études supérieures contient le juste dosage de persiflage et d’admiration. Fin et vivant, remarquablement bien écrit, ce roman nous donne l’illusion d’être nous-mêmes intelligents !

« Le jeune examinateur est persuadé qu’il est en train de vivre un dialogue mathématique de haut vol, avec un candidat excellent, qui sera peut-être un jour son égal. Et vivre un tel dialogue mathématique en direct, pour un mathématicien-chercheur qui n’a pas encore perdu ses illusions, c’est l’un des plus grands plaisirs qui soit après celui de trouver la solution à un problème, parce que c’est reconnaître en autrui la flamme qui brûle en soi, c’est une sorte de partage intellectuel sur la beauté du monde comme il en existe peu dans la vie. »

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