Ce que savait la nuit d’Arnaldur Indridason
éditions Métailié 2019, 285 pages

traduit de l’islandais par Éric Boury

« C’étaient peut-être là des sentiments normaux quand on prenait de l’âge. Konrad appartenait à la toute dernière génération d’Islandais nés sous domination danoise. Le lendemain de sa naissance, l’Islande était devenue une république indépendante sous une pluie battante au parlement en plein air de Thingvellir. Pendant quelques instants, des instants si brefs qu’ils comptaient à peine, il avait été sujet du roi du Danemark. Ça l’avait toujours agacé quand son père le taquinait avec ça, mais au fil des ans il avait nourri une certaine tendresse pour ce lien qui l’unissait au Danemark, même s’il était dérisoire. »

Voici donc la toute première enquête d’un nouveau héros, Konrad. Aussi grande que puisse être notre bonne volonté (et elle est immense, pour ce qui concerne Arnaldur Indridason), il est difficile de réellement donner une chance à un autre qu’Erlendur. Konrad a beaucoup de choses pour lui, dont une filiation certaine avec son prédécesseur, dans ce désenchantement qui flirte avec le bord du précipice, il est de ces hommes vacillants très attachants. Mais il n’est pas Erlendur, et sa petite magie est absente. Bien sûr, on sent un grand potentiel de complications avec ce personnage pas aussi droit que ça, évidemment il y a toujours la simplicité rugueuse de la prose islandaise si bien mise en valeur par l’excellence de la traduction et l’enquête en elle-même est intéressante, mais les mille et une petites choses qui me faisaient chavirer pour Erlendur ne sont pas là, et m’ont manqué.

Le billet de Clara.