Les Innocents & les Autres de Dana Spiotta
Actes Sud 2019, 346 pages
Traduit de l’américain par Emmanuelle et Philippe Aronson

Meadow et Carrie. Deux jeunes filles qui se rencontrent à l’adolescence, deux antithèses l’une de l’autre, tout les oppose et c’est ce qui scellera leur amitié. De longues décennies durant, Carrie apportera son soutien bienveillant à une Meadow tourmentée mais brillante. Ça ne se résume pas à ça, bien sûr, elles sont loin d’être aussi tranchées ou simples. Mais Meadow est bien la radicale des deux et Carrie la plus aimable. En dehors de leur lien – base solide et tangible de ces trois cent quarante six pages époustouflantes, elles (se) font des films. Unies par leur passion pour le cinéma, elles en explorent chacune plusieurs aspects différents et ce faisant nous offrent quelques sujets absolument passionnants. Je répugne à entrer dans plus de détail car, comme souvent, ne pas savoir où on va et comment on y va participe au grand plaisir de la découverte. Disons qu’une construction originale nous permet d’aborder l’extraordinairement fascinant sujet de la voix, en passant par l’acte de création, tout en réfléchissant au concept de divertissement, en baignant constamment dans l’univers cinématographique. C’est prenant comme tout et ça coule avec une fluidité inouïe alors même que ça nous crucifie constamment par la pertinence absolue à la fois du propos et de la forme. D’une intelligence folle et d’un charme total !
Pour ma part, une rencontre rare, un coup de foudre.

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