Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
Flammarion 2019, 268 pages

« Si elle ne s’aimait pas beaucoup, elle se préférait encore aux autres. »

Tout commence un matin de juin dans le sud de la France, Gloria embarque ses filles direction l’Alsace. C’est un départ en catimini, elle ne leur explique rien. En ce qui concerne Analuisa dite Loulou c’est facile, à six ans elle accepte ce qui se présente sans chercher plus loin; avec Stella, adolescente, c’est plus tendu, surtout lorsqu’elle s’empare de son téléphone (Stella dont le premier mot qu’elle saurait un jour prononcer, après avoir été un bébé silencieux et scrutateur, serait « Tranquille ! », qu’elle glapirait, furieuse, chaque matin au moment du réveil).

« Il n’y a rien de plus contagieux que la méfiance. »

C’est alors parti pour un été (ça commence par, disons) dans la vieille maison de sa grand-mère. Pourquoi ? Le roman nous le distillera au compte-gouttes….

J’étais très impatiente et un peu anxieuse de lire ce nouveau roman de Véronique Ovaldé dont j’apprécie énormément l’univers et les influences. Il m’a surprise dans le très bon sens, en se révélant beaucoup plus resserré que ses précédents et doté d’une tension nerveuse réussie. On ne se méfie pas assez (et pourtant, elle nous prévient !) et on se fait gentiment endormir par les apparences sans jamais anticiper la finalité des choses et des gens. On sait bien, pourtant, que chaque famille est malheureuse à sa façon, et la fantaisie de la plume nous tient bien dans ses filets. Jusqu’à l’épilogue façon Six Feet Under qui boucle les fils narratifs, trop tôt et trop vite à mon goût, j’en aurais bien repris pour quelques centaines de pages.

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