Battements de coeur de Cécile Pivot
Calmann-Levy 2019, 269 pages

Anna et Paul se rencontrent, s’aiment, se quittent. En voilà une histoire ! Pourtant, on aurait tort de jouer les blasés tant pour son premier roman Cécile Pivot frappe juste. Anna, d’abord, est fascinante. Elle rencontre l’ami de sa vie très tôt (Matthieu ne lui fera jamais défaut), ensemble ils créent une maison d’édition. Pour elle, la littérature est un élément aussi indispensable que l’eau ou l’air, et ça nous la rend immensément sympathique. Maman de deux garçons, elle a la douleur de voir le cadet atteint de troubles autistiques. Ça ne le définit pourtant pas, et la vie se construit avec. Paul, c’est autre chose, plus simple, plus terrien, moins détaillé aussi, il faut le dire, dans le roman, moins consistant peut-être. Moins important ? En tout cas le récit de leur rencontre, leurs années d’amour intense, la constitution d’une famille recomposée, les écrivains, la vie quoi, tout sonne juste, nous happe. Et puis c’est le début de la fin, le grain de sable, le couple qui se déli(t)e… La manière dont Anna gère cette fin m’a semblé déplaisante, elle ne correspondait pas à ce que j’avais envie de lire, je crois. À la fois trop romanesque et trop égoïste, je ne sais pas, j’ai trouvé ça longuet en plus. Mais l’épilogue est de toute beauté et pour la sensation de fluidité éprouvée tout le long du roman, le grand plaisir de la plume précise et élégante, je recommande la découverte de l’univers de Cécile Pivot.