La fille du traître de Leif Davidsen
Gaïa 2019, 429 pages
Traduit du danois par Frédéric Fourreau

Au Danemark, de nos jours, Laila qui a bien entamé sa trentaine est dans une mauvaise passe. Après avoir été militaire et en opération en Irak (traductrice), le camping qu’elle gère croule sous les dettes et son amoureux l’a quittée. Elle est emplie de colère, une colère la plupart du temps sans objet mais dont elle remonte l’origine à l’abandon de son père, lorsqu’elle était adolescente. Celui-ci, émigré en Russie depuis de nombreuses années (il en a obtenu la nationalité) la contacte pour faire la paix. Deux vieux messieurs débarquent alors dans son camping pour la briefer : son père était (est ?) un espion….

« Ce livre est une fiction, mais il serait pour le moins absurde de prétendre qu’il n’est pas basé sur des faits réels. » nous indique l’auteur pour débuter sa postface, et de fait, le roman entier nous donne à sentir l’atmosphère, l’ambiance, la vie quotidienne dans les deux pays très exotiques à nos yeux de français que sont le Danemark et la Russie. L’intrigue est très prenante, comme toutes les histoires d’espionnage qui nous font immanquablement entrer dans la psychologie de leurs personnages. Sans lyrisme ni aucun sentimentalisme le récit réussit à évoquer « l’âme russe », cette notion qui nous dépasse et nous laisse vaguement envieux. Pour autant, la situation géopolitique actuelle est d’autant plus effrayante qu’elle est clairement exposée, avec peut-être un peu trop d’insistance ou de simplification, mais l’ensemble est malgré tout extrêmement pertinent. Impossible à lâcher une fois entré dedans !