Outresable de Hugh Howey
Actes Sud Exofictions 2019, 399 pages
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Thierry Arson

Nous sommes dans un futur éloigné, quelque part dans ce qui fut l’Amérique. Quelque part *au-dessus*, plus précisément, car le sable a tout recouvert. Pourquoi, d’où vient-il, nous n’en saurons rien mais le fait est là, il ne cesse de progresser encore et encore et engloutit lentement mais implacablement tout ce que l’homme s’échine à persister de construire. Devenus par la force des choses nomades, les gens se sont organisés en cités éphémères, protégées un temps de l’enfouissement dans le sable par de hauts murs. Les gens plongent dans le sable, s’y mouvant avec l’aide de combinaisons électroniques leur permettant d’en diriger la structure mentalement. Ils plongent le plus profondément possible pour rapporter à la surface tout ce qu’ils peuvent monnayer (et utiliser). Nos héros sont une famille nombreuse, que nous rencontrons alors que l’aîné accomplit une mission périlleuse… L’univers ici mis en place par Hugh Howey fonctionne bien et on visualise sans peine ces grains de sable qui s’infiltrent partout, on en aurait les lèvres gercées et la langue pâteuse rien qu’à y penser. L’histoire en elle-même tient bien les promesses de suspens avec rebondissements bienvenus etc. mais le traitement est hélas très commercial, formaté courts chapitres, cliffhangers et cie, rendant la lecture paradoxale : on *veut* savoir la suite tout en s’agaçant de notre propre crédulité.

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