Les jours de silence de Philip Lewis
Belfond 2018, 427 pages
Traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut

C’est un premier roman et il se déroule en Caroline du Nord, un état fascinant, un peu hors du temps, qui correspond bien au ton général du roman. On y suit Henry Junior Aster, aîné d’une famille atypique. Le père, Henry Senior, est né à Old Buckram dans une famille simple et travailleuse. Il a toujours été différent, amoureux des livres et empli du désir d’écrire à son tour « le » Grand Roman Américain. Il rencontre Éléonore, la convainc on ne sait trop comment de revenir s’installer à Old Buckram et choisit pour y vivre une gigantesque demeure gothique très isolée dans les hauteurs. Naissent Henry Junior, sa petite soeur Threnody puis une petite dernière. Deux drames se produisent, Henry Junior s’échappe à la fac, tombe amoureux (mais c’est compliqué) et finit par revenir pétri de culpabilité d’avoir laissé tomber sa petite soeur. Je spoile un peu parce que ça n’a pas d’importance, l’intrigue étant d’une facture non seulement extrêmement classique mais surtout parfaitement attendue de bout en bout. On a un peu l’impression de voir assemblés des thèmes empruntés ici et là à la littérature. La construction, de plus, est pour le moins bancale, avec quatre parties pas très bien découpées et un épilogue qui se voudrait lyrique. Et pourtant on le lit en entier, parce que d’évidence il y a quelque chose, des promesses dans les façons d’évoquer le psychisme des personnages, une vérité sur le monde rural un peu reculé, une évidente envie dans la plume qui est communicative. On espère beaucoup du prochain roman.

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