Reviens de Samuel Benchetrit
Grasset, 252 pages

« Je luttais, depuis toujours, contre un énorme problème de mélancolie immédiate. J’identifiais en temps réel les moments réjouissants de ma vie, et arrêtais net d’en profiter, pour me déplacer dans le futur et imaginer comment ils me manqueraient lorsque je ne les vivrais plus. »

C’est l’histoire d’un écrivain coincé entre deux livres. Son prochain, qu’il n’arrive pas à commencer, et le dernier, qu’il n’arrive plus à trouver. C’est l’histoire d’un type qu’on ne peut pas s’empêcher de trouver sympa, parce qu’il fait passer notre propre procrastination pour une furieuse activité, parce que ça lui semble normal de se retrouver embarqué dans la lecture à voix haute d’un roman qu’il déteste pour un public endormi, parce que sa naïveté n’est en rien de la bêtise et surtout, enfin, parce qu’il est drôle. C’est un roman faussement facile, apparement anodin et prétendument improbable, quand au contraire il réconforte en sous-sol, s’insinuant dans nos craintes cachées et nos failles souterraines pour nous distiller sa douceur et son très joli sens des liens.

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