Onze jours de Léa Carpenter
Gallmeister 2018, 253 pages
Traduit de l’américain par Anatole Pons

« La phronèsis, selon Aristote, est la sagesse acquise par l’expérience qui vous permet de faire des choix sur la marche à suivre dans une situation donnée. Elle s’oppose à la sophia, la sagesse acquise dans les livres. »

SEAL : Sea, Air, Land (mer, air, terre). L’acronyme signifie également « phoque » en anglais; il désigne la polyvalence des forces spéciales de l’US Navy.
Jason est un SEAL, et il a disparu. Ça n’arrive pas, ça, chez les SEAL. On ne laisse personne « disparaître ». Alors comment, pourquoi ? Sa mère attend. Elle est très entourée, l’US Navy sait faire ça, la gestion des proches. Son métier lui fait également côtoyer le gratin de la politique, et le père de Jason, décédé, a été en son temps un célèbre espion, il a doté son fils de prestigieux parrains. Passant du présent (l’attente) au passé (Jason raconte son parcours), le roman nous plonge au coeur de l’âme américaine…
C’est le premier roman de Léa Carpenter et il impose d’emblée le respect. Il y a quelque de chose de grand qui s’en dégage, une intelligence évidente, une profondeur, couplée à un sens du suspens, quelque chose qui agrippe, un peu douloureusement; dans le même temps il y a aussi quelque chose qui grippe, les dialogues sont laborieux, le rythme disruptif, et on n’est jamais sûr d’avoir tout à fait compris. Il m’a été difficile de m’attacher à qui que ce soit, j’ai eu l’impression que ça ne prenait jamais vraiment, sans pour autant souhaiter arrêter la lecture, tant le sujet est intéressant.
Partagée.

Petit apparté sur la traduction : « … le discours de la Saint-Crépin du Henry V de Shakespeare : « nous heureuse petite bande de frères », etc. » pour : « We few, we happy few, we band of brothers. », vraiment ?

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