Chien-Loup de Serge Joncour
Flammarion 2018, 476 pages

Cette année, c’est Lise qui s’est occupée des vacances : ce sera une maison complètement paumée dans le Lot. Pas d’électricité, à peine de l’eau, évidemment pas de réseau (ni 4G, ni 3G, pas même d’Edge à des kilomètres à la ronde). Elle a envie de ça, après son rude combat contre une longue maladie, elle se méfie des ondes, de toutes les ondes, et puis avec Franck, son mari, ils vieillissent, elle est actrice, on ne l’appelle plus guère pour jouer, il est producteur, ça fait longtemps qu’il n’a pas fait un succès. Bien sûr son catalogue en comporte quelques-uns mais il se sent un peu hors du coup lui aussi, il vient tout juste de s’associer avec deux petits jeunes et il se demande s’il a bien fait, s’il ne s’est pas jeté dans la gueule du loup.
Trois semaines pour faire le point, livrés à eux-mêmes.
Enfin, presque.
Un chien étrange, déjà, s’invite dès la première nuit.
En parallèle nous est également racontée l’histoire du petit village en bas de la maison pendant la première guerre mondiale, et il s’en est passé des choses…
Ce treizième roman de Serge Joncour est rural, rustique, empli d’animaux, d’insectes, d’arbres et de micro-climats. On y subit une canicule torride ainsi que des orages dévastateurs, on a des remontées acides tandis que les protéines animales ravagent notre système digestif, on y aboie, rugit, bêle, bref, c’est du concret, du palpable, des chairs qui palpitent et des esprits qui s’échauffent.
Mais en même temps on s’y enlise un petit peu aussi passé la première moitié, ça n’en finit plus de tourner autour des mêmes choses et sensations, un petit problème de rythme ( et de répétitions) qui casse un peu la bonne impression initiale.
Du coup, forcément, on n’est pas enclin à l’indulgence envers un épilogue, lui, pour le coup un peu rapide.

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