Poivre et sel de Guillaume Clicquot
Fleuve éditions 2018, 280 pages

Françoise et Philippe ont soigneusement réfléchi à leur retraite. Ils se sont organisés et les voici à la soixantaine tout juste enfin libres. Libres ? Ce serait sans compter avec la famille, ce boulet…
Elle était dentiste, il était contrôleur fiscal, ont eu deux enfants, s’occupent (mal) de trois petits-enfants, cherchent à placer la mère de Philippe (seule rescapée sa génération) en maison de retraite.
Ils sont moyens, ces deux-là. Ni complètement pourris, ni tout à fait sympathiques, ils pensent à eux avant tout (et même pas à eux deux, ensemble, non, chacun pense à soi-même d’abord) mais n’assument pas, en fait. Et c’est leur incapacité à annoncer simplement leur projet de vie pour cette nouvelle étape qui va les mettre en porte-à-faux.
Comédie sociale grinçante et rebelle, « Poivre et sel » est un roman dont l’humour n’a pas très bien fonctionné en ce qui me concerne, mais j’aurais dû l’anticiper, tant le film « Papa ou Maman » adapté d’un roman de Guillaume Clicquot m’avait déjà déplu (vu pour Marina Foïs, une erreur). Il y a du rythme, un abattage certain et un sympathique désir de remuer la fourmilière mais la plume est trop directe et me heurte souvent sans m’amuser pour autant. Une question de goût.

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