Une femme au téléphone de Carole Fives
Folio 2018, 104 pages

« C’est à quelle heure, déjà ? Il faut vraiment que ce soit toi pour qu’on mette France Culture ! Tu stresses parce que tu passes à la radio ? Mais il n’y a pas de quoi. Tu te fais un monde avec ça alors que personne n’écoute. C’est pas RTL tout de même. »

Par petites touches chronologiques on assiste à la transcription des appels téléphoniques d’une mère à sa fille. Charlène a la petite soixantaine, vit seule, a beaucoup de mal à supporter les autres mais tout autant à s’en passer. Elle pourrait être très attachante car on sent bien sa grande pulsion de vie (elle est inscrite sur des tas de sites de rencontres en ligne, elle va au concert, sa meilleure amie a dix ans de moins qu’elle) mais son discours ultra culpabilisant et ses continuels chantages affectifs sont rédhibitoires, en ce qui me concerne. Aussi fascinant qu’effrayant (pour les parties où il serait facile de se reconnaître – ou craindre de verser), ce roman se lit d’une traite et on s’amuse paradoxalement beaucoup.

 

C’est Cathulu qui m’a donné envie, et Marie qui me l’a offert, merci à elles deux.

« Il faut me pardonner maintenant, je suis vieille aussi. Il faut évoluer. Et puis tu ne vas pas si mal ma fille : des fois je te vois, tu ris de bon coeur. »

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