VNR de Laurent Chalumeau
Grasset 2018, 183 pages

« Là, sa bite, je peux te dire, la façon que je lui avais relookée, il avait moins envie de s’en faire des selfies envoyés par textos. Ou alors si, peut-être, mais, à ce moment-là, à des étudiants en médecine. »

Un quinquagénaire au chômage que sa femme a quitté pète les plombs et kidnappe les quelques personnes qu’il tient pour responsables de son malheur. A première vue, rien qui donne très envie. Pourtant, à la sauce Chalumeau et surtout servi par son style inimitable, ça donne un (trop) court roman qui réussit à la fois à nous amuser (beaucoup) et à offrir une vraie réflexion sur plusieurs sujets phares. Roman éminemment social, il donne la parole (unique et captive) à un personnage truculent qui sonne extrêmement juste. Il n’est pas utile d’en savoir plus en débutant cette lecture, que l’on termine paradoxalement rasséréné : le sexisme en prend pour son grade. Monologue d’un homme très en colère, il laisse transparaître celle de l’auteur qui parvient (comme à chaque roman) à exposer des personnages grotesques et souvent pitoyables sans les juger, en aucune façon (en les égratignant ceci dit). Ça paraît impossible et il le réussit pourtant systématiquement. Très fort !

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