La fourrure blanche de Jardine Libaire
Presses de la cité 2018, 428 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Barbaste

« Le professeur Ford se comporte avec Jamey comme tout le monde l’a toujours fait : il s’est d’abord entiché de lui, il voulait que Jamey l’apprécie, il espérait monts et merveilles de leur relation, et maintenant, à force de se heurter à un mur, il l’a pris en grippe. »

Deux mots : histoire d’amour. Deux mots mais quatre cent vingt-huit pages qui sont à la fois toutes les histoires d’amour et une seule, très particulière, à nulle autre pareille. Il est très riche, elle vient d’une cité miséreuse. Il est l’héritier d’un monde ultra policé dans lequel plus vous êtes inférieur, plus vous avez droit à une amabilité extrême. Elle vient d’une tribu où rien ne reste sur l’estomac, où tout grief explose en vociférations avant d’en faire totalement table rase. Dès qu’elle le voit, elle l’aime. Elle s’offre à lui, il mettra du temps à entrer vraiment dans la relation. C’est sa manière d’être au monde, son détachement n’est pas feint. La construction de leur amour, vibrante, d’une vérité qui déchire les pages les unes après les autres, nous entraîne à leur suite dans une spirale inexorable. Il règne une atmosphère de fatalité, on (s’)attend le (au) drame, rien ne se déroule comme on l’imaginait. Elise et Jamey n’ont rien à faire ensemble. Le monde même leur est hostile. Couple aussi mal assorti qu’impossible à briser, ils traversent New-York et 1986 et tentent de libérer leur pulsion de vie. Ce faisant, ils enchaînent leur lecteur et on termine le roman le coeur gonflé. Magnifique roman, d’une introspection élégante, d’un rythme furieux et d’une modernité intemporelle.

Même enthousiasme (mérité !) chez Carolivre et 2petitsloulous,

 

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