Le Sculpteur de Scott McCloud
Rue de Sèvres 2018, 486 pages
Traduction (USA) de Fanny Soubiran

Succès pharaonique pour ce roman graphique paru en 2015 et traduit depuis un peu partout à travers le monde. Depuis trois ans, on ne peut pas entrer dans une librairie sans en voir au moins un exemplaire, un phénomène devant lequel on réagit généralement de deux manières opposées : soit on a l’impression d’avoir déjà lu le livre tellement on en a entendu parler, soit au fil des jours il devient impensable de passer à côté, on veut faire partie de ceux qui l’ont lu ! C’est enfin fait pour « Le Sculpteur », et je ne le regrette pas. On y suit David Smith, un jeune homme qui n’a pas eu de chance dans la vie : son père, sa soeur puis sa mère sont tous décédés. Dernier membre d’une famille dévastée, il dépense ses derniers centimes à s’enivrer le jour de son anniversaire, désespéré. Sa vie est nulle, il n’arrive pas à vivre de son art. Il a un seul ami, depuis l’enfance, pas d’amoureuse, il ressent un impérieux besoin d’être reconnu comme sculpteur. La mort lui rend alors visite et lui propose un marché : le don de sculpter n’importe quelle matière directement avec ses mains (sans outils) contre sa vie. Deux cent jours, pas un de plus (mais peut-être quelques uns en moins s’il parle de ce marché à quiconque) pour se réaliser… Un pacte faustien qui file à toute allure dans les rues de New-York, personnage à part entière de ce roman graphique qui se dévore autant qu’il se déguste. Fourmillant de mille détails dans lesquels il est si bon se perdre, il expose aussi une très belle histoire d’amour et capture le coeur de son lecteur avec une tendre cruauté. C’est un grand plaisir de terminer cette lecture par le grand entretien avec l’auteur qui enrichit cette nouvelle édition. Un must !

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