La ferme aux poupées de Wojciech Chmielarz
Agullo 2018, 400 pages
Traduit du polonais par Erik Veaux

Après ce qui s’est passé dans « Pyromane » (qu’il faut impérativement lire avant celui-ci), Le Kub a « bénéficié » d’une mutation provisoire dans une campagne reculée, dans le cadre d’un programme appelé « Pont ». Des policiers de la ville échangent avec des communautés plus réduites, dans lesquelles les liens sont plus intriqués, et la pratique quotidienne du service de l’ordre forcément différente. Le but officiel est un enrichissement mutuel, la réalité semble être une grosse punition. Sauf que notre Kub ne se déplaît pas, au vert. Timidement, des relations s’apprêtent à être nouées, et il se pose même la question de quitter la police. Et puis il y a une disparition de fillette. Qui fait écho à une plus ancienne. Et une découverte macabre… Pour ce deuxième volet des aventures de Jakub Mortka, la construction joue avec le lecteur. En constatant les aveux complets d’un suspect dans les premières pages, on se demande ce qui va bien pouvoir se dérouler dans les centaines restantes et évidemment, on était loin du compte. Rebondissements, chausses-trappes, observation à la loupe de la société polonaise (avec accent mis sur le racisme primaire), tout concourt à nous river aux pages et plus on apprend à le connaître, plus Le Kub nous plaît. Vivement la suite. (Avec toujours le même bémol quant à la traduction, mais pour être honnête les tournures étranges ajoutent à la sensation de dépaysement et passent bien).