La Saison des feux de Céleste Ng
Sonatine 2018, 375 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau

« Pour un parent, un enfant n’est pas une simple personne : c’est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu’on vit, le passé dont on se souvient et l’avenir qu’on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu’il a été, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C’est étourdissant. Et chaque fois qu’on le laisse, chaque fois que l’enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu. »

Le roman débute sur l’incendie d’une maison, alors que ses occupants, regroupés sur la pelouse, contemplent le désastre. Les Richardson vont devoir se trouver un endroit où vivre, le temps de réparer les dégâts. A rebours, alors, on fait connaissance avec cette famille très comme il faut, image idyllique de la vie de banlieue cossue. Pas n’importe quelle banlieue, d’ailleurs, Shaker Heights, Ohio, est tissée de règles, que ses riches habitants respectent avec docilité et respect. C’est là que Mia et sa fille adolescente Pearl ont décidé de poser bagages, rompant ainsi leur vie itinérante. La confrontation de leur mode de vie avec celui des Richardson va provoquer des étincelles… Un roman addictif qui tient les promesses de son bandeau : Hypnotique, intelligent et brillant, rien de moins, mais pas exagéré pour une fois. On y suit avec grand plaisir les méandres des psychismes de très beaux personnages féminins et chaque page tournée contribue à un suspens qui nous tient en haleine. Beaucoup aimé !

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