Crocolou aime les farces d’Ophélie Texier (Actes Sud Junior)

Retourner son oeuf à la coque vide en prétendant ne pas l’avoir mangé, jaillir en criant de l’armoire où il s’était caché, ou encore pousser des HOU ! HOU ! sous un drap, Crocolou aime faire des farces, c’est sûr. Le 1er avril n’est pas loin d’être son jour préféré, d’ailleurs. Mais ce qui est plus rare, et admirable, c’est qu’il aime qu’on lui en fasse aussi ! Même si c’en est qui font un peu peur. Il est vraiment super, ce Crocoulou ! Dès 2 ans.


Petra de Marianna Coppo (Seuil Jeunesse) trad. (italien) Angèle Cambournac

Petra est un petit caillou qui nous parle d’elle. Telle qu’elle se décrit, au début, on se dit qu’elle est proche de la montagne, solide, imposante, impossible à bouger (montagnissime, comme elle dit), alors on est tout surpris lorsqu’elle se fait embarquer comme ça, hop, dans la gueule d’un chien. Après, on l’écoute avec un peu plus de distance quand elle part dans une envolée sur les oeufs, mais elle arrive finalement à encore nous surprendre, en devenant rien moins qu’un éléphant, oui, oui. Une jolie histoire qui embarque son lecteur sur les rails de l’imagination, pour ne jamais oublier qu’il y a plusieurs manières de regarder les choses. Dès 4 ans.


Il y a un morse dans mon lit de Ciara Flood Trad. Benjamin Kuntzer (Circonflexe)

Sacrée étape que le passage du lit à barreau au vrai lit de petit garçon. Eliott en est très excité, mais aussi bien sûr plutôt anxieux. Ca se matérialise par l’occupation soudaine du dit-lit par un morse. Oui, oui ! Comme ça, hop, il y a un morse dans le lit d’Eliott. Un morse pas du tout silencieux, en plus de ça. Qui a faim, soif, mal au ventre, de la fièvre, qui veut un câlin, et qui finira par prendre toute la place. Heureusement que Papa et Maman ont de la patience… Un album pour accompagner cette fameuse transition qui plaira aussi aux plus grands en raison des petits détails qui sonnent tellement vrais (par exemple, la maman occupée à verser l’eau des tisanes dans les tasses, pieds nus dans la cuisine – ça m’a plu !). Dès 3 ans.


Bob & Marley La nuit de Frédéric Marais et Thierry Dedieu (Seuil Jeunesse)

Bob n’arrive pas à s’endormir et révèle à Marley son inquiétude : et si le soleil ne se levait pas le matin ? S’il faisait noir pour toujours ? Avec un gros clin d’oeil destiné au lecteur, Marley lui propose de monter la garde, mais Bob le prend très au sérieux ! Le voici, en haut d’un monticule, déterminé à guetter l’éventuel lever du soleil… Ils sont extra, nos deux comparses, et s’y entendent pour dédramatiser la peur du noir. De toute façon, ça marche toujours la mauvaise foi, irrésistible ! Dès 3 ans.


Peter, le Poussin Péteur (Les Trop Super) d’Henri Meunier et Nathalie Choux (Actes Sud Junior)

Mais qu’est-ce que c’est que ces champugnons ? Des champignons nauséabonds ont envahi la forêt, c’est une mission pour les Trop Super ! Comment résister à une histoire qui parle de pets, de mauvaises odeurs à grands renforts de beurk et de pouah quand on a cinq ans, Mmm ? Il faudra tout le bon sens de petits bonhommes bien décidés à faire descendre de son « pied d’escale » un petit poussin masqué qui ressemble drôlement à un de leurs copains (j’adore leurs « Primo et Primo deux » ;)). Au passage, on leur fait découvrir l’impact des gaz à effets de serre. Une BD à partir de 5 ans.


Le voyage de Poucette de Junko Shibuya (Actes sud Junior)

Un enfant sur une plage tient dans sa main gauche une sucette. Sur la page suivante, nous apercevons la droite qui tient, elle, Poucette. Celle-ci s’échappe et se cache, sur la plage, sous un coquillage. Puis suit une tortue attirée par les algues, et surfe sur son dos sous la vague… Le voyage de Poucette continue ainsi, de rime en rime (un seul mot à chaque page) (dans un jeu proche de la métonymie) jusqu’à ce qu’elle retrouve le bercail, avec parfois des choses à toucher, d’autres des découpages offrant une vue sur la page suivante, de quoi faire un voyage complet. Dès 2 ans.


Panthera Tigris de Sylvain Alzial et Hélène Rajcak (Rouergue)

Il était une fois un savant très savant qui savait tout sur tout. S’apercevant que sa connaissance du tigre est lacunaire, il passe des mois à travailler le sujet, avant de se rendre dans la jungle pour en voir finalement un. Prenant de haut son guide, et lui coupant systématiquement la parole (alors que celui-ci tente de lui dire quelque chose de très important) en étalant ses connaissances livresques, il se rend finalement compte qu’il ne sait pas du tout comment réagir lorsqu’il se retrouve en face d’un vrai, grand, beau et sauvage tigre… Un album magnifique qui gagne en couleur au fil des pages et place en vis-à-vis l’expérience scientifique et le terrain. Amusant, instructif et très agréable à lire ! Dès 5 ans.


Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants de Coline Pierré et Loïc Froissart (Rouergue)

Il faut avoir au moins 6 ans pour aborder cet album un peu dingo; pas tellement pour comprendre l’histoire, aux gros airs des contes d’autrefois – ( il était une fois un pays où vivaient des ogres, qui mangeaient les enfants. Ils en faisaient l’élevage, et on pouvait les acheter tranquillement dans les magasins. Mais soudain, patatras, une ogresse tombe malade. Sa peau se couvre de pustules et l’idée de manger un enfant la dégoûte, elle perd dix-huit kilos en une semaine ! Bien vite, ça se propage et plus personne n’arrive à manger. Que faire ? Se mettre aux légumes, la mort dans l’âme… ) – mais surtout pour être en mesure de se perdre de longues minutes dans les illustrations plutôt géniales de Loïc Froissart, chaque double page fourmille de détails délectables ! Une manière décalée d’aborder quelques thèmes « à la mode ».


Tibouli rêve de couleurs de Myriam Ouyessad et Arnaud Nebbache (Circonflexe)

Tibouli, l’ours polaire, n’en peut plus du blanc. C’est joli, c’est sûr, mais que du blanc, quelle tristesse. Au lieu d’hiberner, il se lance dans un grand voyage pour se nourrir des couleurs du monde… Embarquons avec lui les 3 à 6 ans qui se feront un devoir de s’extasier devant le bateau-nid construit par les oiseaux multicolores et qui éprouveront la satisfaction de la tâche accomplie en ramenant Tibouli à bon port au bon moment. Frais et coloré !


Le jour où j’ai rencontré le monstre de Céline Claire et Barroux (Circonflexe)

Un album à proposer dès 5 ans qui retourne les codes : on y a très très peur des toutes petites araignées mais pas du tout d’un très gros monstre pas beau. On le prend d’ailleurs tout au long de l’histoire pour un ami imaginaire et puis voilà que les parents le voient ! Ce n’est d’ailleurs pas la seule surprise finale, et c’est ce qui plaît dans ces pages au texte qui s’inscrit dans le premier degré tout en en déployant un autre aussi bien par les illustrations (au graphisme pointu que j’aime beaucoup) que par les possibilités d’interprétation. Une place est constamment laissée au doute et c’est empli de charme.


Le moulin à paroles de Christos et Julie Ricossé (balivernes) collection Calembredaines

Imaginez un endroit où ce que disent les gens sort d’un moulin à paroles. Construit tout en haut d’une colline, il récolte les murmures et conversations du village portés par le vent, active ses pales et en mélangeant le tout crée des phrases fraîches. Ca donne des choses comme « patatoïde », « Sas’ratout, tirlibondiou !, « Bingo biscotto ! » ou encore « alors y’m dit grouba grouba… ». Mais un jour le maire eut l’idée de moderniser le village, et fit installer un distributeur de mots sur la Grand-Place. Au chômage, le moulin ! Mais le moulin à paroles était-il vraiment ringard ? Et ce nouveau distributeur automatique qui le remplace, est-il vraiment mieux ? Une histoire où l’on ne sait plus où donner du regard tant les illustrations fourmillent de gaieté et de bonne humeur, une fantaisie irrésistible ! Dès 6 ans.