La fille qui mentait pour de vrai de Catherine Grive
Rouergue collection doado, 141 pages

« Après son départ, je me suis longuement regardée dans le miroir. J’avais mochi, c’était évident. Mon ridicule chapeau de maçon me faisait le front bas. Mes fringues, au lieu de me donner le genre qui n’a peur de rien, me donnaient celui d’un comptable albanais, d’un prothésiste suisse. Nul, quoi. »

Kimberly Östermalm, dite Kid, est la fille d’Esajas Östermalm, un routier suédois qui part trop souvent et trop longtemps sur les routes. Dans leur appartement parisien, sa mère, son petit frère et elle languissent quand il est en mission. Surtout que Kid est en équilibre sur le fil de l’adolescence, au point culminant du grand huit, elle vient de faire la montée tout en tension et anticipation anxieuse et va basculer d’un instant à l’autre dans la descente aux sensations mêlées. Fille de naissance, elle s’interroge et se sent bien en jouant le garçon, tout en prenant plaisir à essayer des fringues de fille-fille. Menteuse invétérée, elle n’en comprend ni l’intérêt, ni le but, ni l’origine. Sa meilleure amie depuis toujours est en train de s’échapper, un garçon semble prêt (et décidé) à se rapprocher, et surtout l’ambiance à la maison est pesante. Où est le père ?… Un roman proposé dès 12 ans qui enchante même si on les multiplie par deux ou trois (ou quatre) (ou cinq !) (bref, allez-y) tant sa plume est accrocheuse et son sujet délicat. L’ambivalence de ces périodes où le doute s’installe au creux de nos entrailles n’a pas d’âge et est parfaitement rendue, tout autant que le rythme entraînant séduit dès les premières pages.

L’avis de Fanny.