Urgences et sentiments de Kristof Magnusson
Métailié 2018, 276 pages
Traduit de l’allemand par Gaëlle Guicheney

Originaire d’un très petit village du fin fond de l’Allemagne, Anita est venue vivre à Berlin avec un très grand plaisir. Au cours de ses études de médecine, elle a rencontré son mari, et quand un bébé s’est annoncé elle a choisi de se spécialiser dans les Urgences, en intervention. Commodité des emplois du temps et sentiment de se rendre vraiment utile. Parfois, à patrouiller dans la nuit berlinoise, elle se sent réellement investie d’une mission. Mais avec la quarantaine est venue la séparation et elle a du mal à se recréer une vie privée, élément pourtant absolument indispensable à un urgentiste sous peine de devenir un « fanatique » incapable du moindre recul. Sale période pour Anita, d’autant que chacun de ses mouvements semble l’entraîner plus profondément vers le fond… Un roman très prenant qui offre un instantané de nos vies contemporaines, et qui pose de bonnes questions qui plus est. Anita nous donne très vite l’impression, sinon de la connaître, au moins de la cerner, et on ne décroche pas, on ne bouge pas d’un cil, même, tant tout peut arriver. En permanence. Très juste d’un point de vue psychologique, c’est avant tout un roman humaniste. Tout petit bémol en ce qui concerne la traduction, qui par moment grippe un petit peu.

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