The Private Eye de Brian K. Vaughan, Marcos Martin et Muntsa Vicente
Urban Comics 2017, 304 pages
Trad. Jérémy Manesse

Quand on a lu « Saga » ou « Y. le dernier homme » de Brian K. Vaughan, on a forcément envie de continuer à suivre cet auteur, et quand Urban Comics propose une édition papier (luxueuse, qui plus est) de « The Private Eye », originellement paru sur le net, on se précipite avec bonheur. Nous sommes dans un futur pas si lointain mais pourtant très différent : un jour, le Cloud a explosé et depuis on vit sans Internet. Ca pourrait sembler anecdotique mais ça a entraîné une mutation profonde de la société : retour à la fabrication de choses concrètes. Les voitures volent réellement par exemple, les bibliothécaires sont devenus des personnages importants (sources de tout le savoir) et un quatrième pouvoir a émergé : les journalistes. Leurs pendants demeurent les paparazzis, qui commettent un grave crime contre la liberté. Chacun obtient, à sa majorité, le droit de porter un « nyme » dans la vie quotidienne, un déguisement pour préserver son anonymat. Ca, c’est pour l’ambiance générale. L’intrigue, elle, se concentre à la manière d’un polar (avec scènes d’action et autres péripéties) sur un meurtre, qui va déboucher sur un immense complot… Comme toujours avec Brian K. Vaughan, on se délecte à suivre les mille et un détails qui viennent enrichir le plot initial et j’ai cette fois adoré le personnage du grand-père, tatoué et nostalgique de l’époque de sa jeunesse, quand il pouvait jouer en ligne (tel qu’on a tendance à s’imaginer les nerds d’aujourd’hui une fois devenus âgés). Un one shot que l’on aurait volontiers suivi sur plusieurs volumes ! A noter que l’édition papier s’enrichit de la correspondance entre les deux auteurs, de la naissance du projet à sa réalisation, et c’est passionnant. C’est Marcos Martin qui a tenu à publier gratuitement en ligne, il a un petit peu ramé pour convaincre Brian K. Vaughan 😉