Les loyautés de Delphine de Vigan
JC Lattès 2018 206 pages

Quatre personnages, qui s’expriment tour à tour. En leur nom propre, sauf Théo, distancié par la troisième personne. Tout tourne autour de Théo, d’ailleurs. Douze ans, presque treize, en 5° scolarité sans problème mais c’est bien la seule chose qui n’en pose pas : dans la vie de Théo, tout va vraiment très mal. Sa prof, son ami et la mère de son ami le sentent, sans parvenir à discerner la réalité des choses…
Dans ce bref roman, dense, ramassé, qui a quelque chose du boxeur dans mon esprit, cette espèce de danse d’un pied sur l’autre (le passage à un autre narrateur, en boucle) qui annonce qu’on est prêt, agile, leste, que ça va cogner… et la tension monte tranquillement, le drame ne cesse de s’annoncer, avec une réelle virtuosité dans la constitution des personnages, qui prennent continuellement de l’épaisseur. Mais ça ne cogne pas, en fin de compte, l’épilogue prend la tangente, s’esquive juste au moment où ça pourrait (devrait) exploser. Il est vrai que ça désarçonne, on se pose un instant la question d’un exemplaire défectueux, ne nous manquerait-il pas quelques pages ? Puis on réfléchit et en fait, la bombe a simplement été désamorcée. A temps ? L’avenir nous le dira, il reste à écrire, peut-être, ou s’écrira dans notre imagination de lecteur selon notre degré de foi en la capacité des gens à (s’)aider. 206 pages qui posent la question de la loyauté, effectivement, et de ceux à qui la donner en priorité.

Cathulu a débuté son année avec ce roman, Comète a été énervée.

 

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