Nightwork de Vincent Mondiot
Actes Sud Junior 2017, 273 pages

Patrick, la vingtaine, prend la plume et pour débuter son récit nous livre une anecdote datant de quelques années : avec son grand frère, et en cachette de leur mère, ils avaient recueilli et sauvé un oiseau englué dans du bitume fondu. Il nous offre ça comme pour montrer patte blanche, pour qu’on ne se fasse pas une mauvaise opinion de lui trop vite, pour dire Abdel et moi on n’étais pas pourris, à la base. Suit alors le récit de ce qui s’est passé l’année de ses quatorze ans… Une cité très occupée à dealer dans tous les coins, un Patrick de 14 ans chétif et tête de turc dans son collège, un grand demi-frère qui a déjà fait de la prison et une mère folle, littéralement, aucun de ces ingrédients n’est simple pris individuellement et leur mélange est forcément détonnant. Pourtant le ton de ce roman ado n’est ni violent ni plombant, la plume de Vincent Mondiot est d’une grande justesse et parvient à restituer le maelström que contient un cerceau d’adolescent. L’histoire est prenante, triste évidemment (tragique, même) mais sait ménager ses effets et s’offre même le luxe de quelques pistes de discussion – la phrase citée en titre par exemple me semble importante à débattre. Lu d’une traite !

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