Tout est brisé de William Boyle
Gallmeister 2017, collection Americana, 207 pages
Traduit de l’américain par Simon Baril (Everything is Broken 2017)

C’est difficilement envisageable la solitude, la vraie. Si – quand – elle survient, on ne la reconnaît pas toujours, d’ailleurs. Erica avait tout bien construit, cahin-caha peut-être un peu (comme tout le monde) mais elle avait un mari, un fils, une soeur, un père. Un boulot qui ne l’éclate pas mais dans lequel elle est efficace, depuis de longues années, des collègues sympas. Et puis la soeur s’est soumise à un compagnon exigeant, son mari est mort, son fils est parti. Et va mal. Et son père, âgé, pose des problèmes. Elle fait face, toute seule, courant toute la journée, ne parvenant plus à dormir vraiment, ne mangeant pas assez. Et puis son fils revient. Mais il va vraiment mal…
Un roman court mais puissant, dans la veine directe de Carver avec une intensité palpable et une grande économie d’action.
Tout est percutant, sensible et véritable, et ce d’autant plus peut-être qu’on ne sent aucune volonté de séduction, comme si ces quelques jours passés en compagnie d’Erica étaient à passer, et puis voilà.
On la quitte dans un épilogue qui pourrait tenir du sordide et qui nous fait pourtant l’effet d’une bouffée d’espoir, tout comme de minuscules petits détails nous ont aussi réconfortés au long de ces pages pudiques mais bien, bien âpres malgré tout.

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