La cinquième saison de N.K. Jemisin
Les livres de la terre fracturée 1.
J’ai lu collection Nouveaux Millénaires 2017, 457 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michelle Charrier
(The Fifth Season Broken Earth 1, 2015)

« Ne te retourne pas, conseille-t-il. C’est plus facile comme ça.
Elle ne se retourne donc pas. Un jour, elle comprendra qu’il avait raison, là aussi.
Un jour, beaucoup plus tard, elle regrettera de ne pas s’être retournée malgré tout. »

La Fantasy est à l’honneur, en cette rentrée littéraire. En tout cas ça faisait longtemps que je n’en avais pas lue autant, et surtout de cette qualité. Ce premier tome du cycle « La Terre Fracturée » a reçu le Prix Hugo du meilleur roman 2016, et il faut toujours prêter attention aux prix SF, ils déçoivent rarement. Radicalement différent de « La bibliothèque de Mount Char » de Scott Hawkins (que j’ai lu juste avant), l’univers qui se déploie sous la plume de N.K. Jemisin est d’un classicisme éprouvé : nous sommes sur une Terre dévastée. On dit que tout a été créé par le Père Terre, sauf la vie; un jour, il l’a vue apparaître sur notre planète qu’il avait si parfaitement créée, et s’en est amusé. Curieux et attentif, il nous a laissés croître. Et on a tout cassé. Furieux, il nous a infligé les saisons. Conséquences de ses colères, elle résultent des nuages de cendres et autres joyeusetés liées aux diverses manifestations cataclysmiques des perturbations de la Terre (séismes, éruptions volcaniques, j’en passe) et placent l’humanité dans les ténèbres pour des périodes plus ou moins longues. Les survivants se sont organisés en différentes communautés très codifiées, utilisant les capacités variées qui ont émergé. L’orogénie, par exemple, qui est la capacité de manipuler les forces thermiques et cinétiques, ainsi que d’autres formes d’énergie, pour influencer les secousses sismiques. Et c’est une orogène qui va nous guider pas à pas. A ses côtés, nous apprivoisons lentement cet environnement étrange… La construction, sans être spécialement originale, est super efficace et donne au lecteur une sensation de victoire quand il comprend soudain ce qui relie les différentes parties qu’il vient de parcourir, renforçant (si besoin était) l’attachement viscéral qu’il ressent déjà pour les très beaux personnages dont il a suivi l’évolution. Hyper prenant, ce premier tome annihile la notion du temps (quand on relève les yeux on est très très surpris de voir que plusieurs heures se sont enfuies sans qu’on les sente en rien !) et on veut la suite, tout de suite, vite !

La chronique très détaillée d’Apophis.

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