Miss Wyoming de Douglas Coupland
Au Diable Vauvert 2017, 404 pages
Traduit de l’anglais (Canada) par Walter Gripp (Miss Wyoming 2000)

« John avait appris au moins une chose pendant son absence : la solitude était le sujet le plus tabou du monde. Pas le sexe, ni la politique, ni la religion. Ni même l’échec. La solitude était le sujet qui faisait sortir tout le monde d’une pièce. »

John et Susan se rencontrent par hasard lors d’un déjeuner à Beverly Hills, et c’est le coup de foudre. Rien ne les prédestinait pourtant à s’apprécier, et en même temps tout les poussait à se réunir… En alternant flash-backs et présent, en s’intéressant à l’un autant qu’à l’autre (et à quelques merveilleux personnages annexes), on déconstruit les rouages du destin… Lorsque Douglas Coupland est aux manettes, la comédie romantique se teinte de couleurs inattendues : c’est très drôle, gentiment caustique et très décalé. Ecrit en 2000, le roman s’épanouit dans une époque qui n’existe décidément plus du tout, cernée de magasins de location de cassettes vidéos et de feuilletons télés qu’une majorité de personnes ingurgitent de force, par le rouleau compresseur des rediffusions sur les quelques chaînes existantes. Les péripéties sont, elles, intemporelles, et nombreuses. Prenant, fascinant et jamais prévisible, ce roman m’a énormément plu.

« John se demanda pourquoi il n’était jamais tombé amoureux. Il était déjà tombé désireux ou tombé affectueux des milliers de fois, mais il n’avait jamais eu la sensation d’appartenir à quelque chose de plus grand. »

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